Un trait d'union entre Bach et Brahms

La claveciniste Johanne Couture se consacre à la... (Etienne Ranger, LeDroit)

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La claveciniste Johanne Couture se consacre à la démocratisation de la musique classique.

Etienne Ranger, LeDroit

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Quand on lui demande quel compositeur, entre Bach ou Brahms, Johanne Couture préfère, la claveciniste ne tente pas la fugue: «Bach, parce qu'il m'a attirée vers le clavecin, répond-elle. Pour la mélomane que je suis, Brahms est aussi extraordinaire.»

Nul besoin de faire un choix, samedi soir, entre l'un ou l'autre. Les deux grands maîtres seront à l'honneur du programme Entre Bach et Brahms interprété par les musiciens de l'Orchestre Symphonique de Gatineau, samedi soir, à la salle Odyssée.

Le concept emprunte aux deux répertoires: d'un côté, le Concerto pour clavecin en ré mineur joué par Johanne Couture, de l'autre la Symphonie nº 2 de Brahms, «sans clavecin», précise-t-elle. Telles sont les partitions sur lesquelles le compositeur Sébastien Tremblay a tiré sa propre musique, une suite symphonique expressément composée pour ce concert qui tentera le trait d'union musical entre Bach et Brahms.

«La partition inédite de Sébastien Tremblay pour clavecin et orchestre intègre des traits très baroques, à la manière de Bach et très symphoniques, à la manière de Brahms, explique Johanne Couture. Tous deux étaient considérés plutôt conservateurs à leur époque, avec une musicale riche, intelligente, profonde et sans virtuosité gratuite.»

La voie intrépide du clavecin

Johanne Couture a choisi très tôt un instrument qui ne s'impose pas naturellement dans les esprits des musiciens débutants. Le Conservatoire de musique de Gatineau en possède un beau modèle, légèrement désaccordé, mais aucun élève ne suit de cours de clavecin.

«J'aimais le répertoire baroque quand je faisais du piano, raconte la musicienne. Je m'intéressais à des compositeurs dont les partitions étaient initialement écrites pour clavecin. L'instrument résonne par lui-même et se dispense d'accompagnement.»

Le sien est italien et «correspond bien au style de Bach: brillant, percussif, très précis».

Après des études au Conservatoire de musique du Québec à Chicoutimi et un doctorat à l'Université McGill, Johanne Couture se destinait à une carrière universitaire. «Mais la vie en a voulu autrement», sourit-elle. Elle fonde une famille, déménage dans la région en 2009 et se consacre plutôt à la démocratisation de la musique classique. Professeur en école primaire et au conservatoire, conseillère pédagogique, elle dirige également Les Plaisirs du clavecin, un organisme voué à la diffusion de la musique classique auprès d'un large public (dès trois ans). Son répertoire puise principalement dans les oeuvres du 17e au 18e siècle, mais vise également à promouvoir la musique d'ici, ancienne et actuelle. Car il y a beaucoup à dépoussiérer en matière de clichés clavecinistes...

Si le clavecin a retrouvé ses lettres de noblesse au 20e siècle, à la faveur «d'un regain d'intérêt pour les instruments anciens», il est l'un des rares instruments à dominer le répertoire. «Longtemps, il a rimé avec aristocratie, bourgeoisie, royauté, doté d'un caractère élitiste, note la musicienne. Il a tout de même précédé la culture musicale du piano, il ouvre sur un univers musical immense.»

Pour y aller

Quand? 7 novembre

Où? Salle Odyssée

Renseignements: www.osgatineau.ca ou 819-243-2525

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