Zukerman et l'avenir de la musique

L'OCNA donnera officiellement le titre de chef émérite... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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L'OCNA donnera officiellement le titre de chef émérite à Pinchas Zukerman lundi.

Martin Roy, Archives LeDroit

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Pinchas Zukerman revient à Ottawa. Non seulement pour livrer et diriger un concert tout baroque - qui sera enregistré - mais aussi en tant que directeur artistique du Programme des jeunes artistes du Centre national des arts. Et il rêve: d'un toit pour accueillir cette relève provenant des quatre coins du monde; et d'un programme s'étendant sur cinq mois de formation plutôt qu'un.

Au moment de déposer sa baguette de maestro de l'Orchestre du Centre national des arts (OCNA) en juin dernier, Pinchas Zukerman s'inquiétait du sort qu'on allait réserver au Programme des jeunes artistes. Ce dernier, qu'il a mis sur pied dès son arrivée à Ottawa, il y a près de 20 ans, inclut l'Institut estival de musique et l'Institut de musique orchestrale.

«Il serait franchement dommage que le Centre national des arts abandonne ce programme parce que je quitte», confiait-il à l'époque.

Au terme de quelques mois de négociations, le chef et musicien vient d'accepter de signer un contrat de trois ans à titre de directeur artistique du programme. L'annonce en sera officiellement faite lundi.

«J'aspire maintenant à passer à la prochaine étape: trouver de nouvelles sources de financement et de partenariats pour que l'Institut estival de musique fasse d'Ottawa un incontournable dans le milieu!» s'enflamme l'homme, visiblement heureux de poursuivre une mission qui lui tient à coeur.

«Il est particulièrement valorisant de participer à l'émergence de la génération future, de transmettre tout ce que j'ai moi-même appris aux leaders musicaux de demain», souligne Pinchas Zukerman.

Le sexagénaire ne le cache pas: il souhaite voir la capitale fédérale se doter d'un nouvel édifice voué à l'éducation musicale, incluant dortoirs, salles de répétition et un auditorium.

«Nous en avons besoin! Et qu'on ne me dise pas que c'est impossible, parce que nous sommes en récession: il faut réinventer nos modèles de financement, en impliquant les institutions scolaires et d'autres intervenants, d'autres milieux. Car au final, c'est tout le monde qui en bénéficiera!» clame-t-il.

Permis de rêver, mais...

Il est certes permis à M. Zukerman de rêver, soutient Christopher Deacon, le directeur administratif de l'OCNA. «Mais le seul projet» sur la table à dessin du Centre national des arts pour le moment est la cure de jouvence de l'édifice d'ici à 2017, tient-il à rappeler.

«Pinchas a toujours été un artiste ambitieux, et il n'est pas surprenant d'apprendre qu'il veut continuer à faire avancer les choses, renchérit-il, d'un ton prudent. Sous son leadership, l'orchestre a grandi en nombre de musiciens et développé son répertoire. Mais nous n'avons pas de plan spécifique pour un nouvel édifice ou tout autre projet d'expansion.»

Chef émérite

L'OCNA donnera aussi officiellement le titre de chef émérite à Pinchas Zukerman, lundi. Un titre qui sert à assurer (ou rassurer?) le public ottavien que ce dernier reviendra diriger les musiciens une fois par saison à compter de septembre 2016.

«Nous souhaitions que Pinchas nous accompagne dans ce qui nous attend», mentionne Christopher Deacon

Or, s'il martèle depuis longtemps que «nous ne sommes rien sans musique, sans culture», le violoniste, altiste et chef n'a assurément pas l'intention d'arrêter de sitôt de voir grand.

«Ils sont encore pris avec moi, au CNA!» lance Pinchas Zukerman comme une promesse.

Un concert tout baroque

C'est de son archet et parmi les musiciens que Pinchas Zukerman dirigera l'OCNA, les 5 et 6 novembre, puisqu'il jouera lui-même du violon ou de l'alto «pendant tout le concert».

«Contrairement à plus d'un gouvernement, nous savons que, dans de tels moments, nous devons tous être à l'écoute les uns des autres!» lance le maestro et musicien d'un ton un tantinet moqueur.

«J'ai vraiment hâte de retrouver les membres de l'orchestre et le public d'Ottawa, que je considère encore comme chez moi, puisque Amanda (Forsyth, l'ex-violoncelliste solo de l'OCNA) et moi y avons encore une maison», reprend le sexagénaire, plus sérieusement.

Les deux représentations de Trésor baroque, période qui a toujours été au coeur du répertoire le plus prisé par M. Zukerman, seront par ailleurs enregistrées en direct et par la suite distribuées sur support numérique (Spotify et iTunes), notamment.

Au menu du concert des 5 et 6 novembre, donc: l'Arrivée de la reine Saba, tirée de l'orotario Salomon de Haendel; le Double Concerto pour violon et hautbois en do mineur de Bach; le Concerto pour alto en sol majeur de Telemann; la Pastorale de Tartini; le Double Concerto pour violon et violoncelle de Vivaldi et la Suite orchestrale nº 3 de Bach.

Pendant le Double Concerto de ce dernier, Pinchas Zukerman entrera en dialogue avec son collègue Charles «Chip» Hamann.

«Chip est devenu, au fil des ans, l'un des meilleurs hautboïstes au monde, rien de moins! Le public d'Ottawa est vraiment chanceux d'avoir un tel talent au sein d'un ses orchestres, soutient M. Zukerman avec ferveur. Ça me fait d'autant plus plaisir d'interpréter cette oeuvre avec lui qu'il a toujours voulu l'enregistrer avec moi et que c'est justement ce que nous aurons la chance de faire.»

Idem pour le Double Concerto vivaldien, «que j'ai évidemment joué très souvent avec Amanda, déjà, mais que je n'ai jamais capté encore». «Ce n'est peut-être pas la pièce de Vivaldi la plus difficile ou la plus riche, mais elle demeure un très agréable moment de dialogue entre nos instruments», fait valoir le violoniste.

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