Les poèmes symphoniques de Berlioz

Le baryton Hugo Laporte vient épauler l'Orchestre symphonique... (Martin Roy, LeDroit)

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Le baryton Hugo Laporte vient épauler l'Orchestre symphonique de Gatineau samedi soir.

Martin Roy, LeDroit

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Le baryton Hugo Laporte vient épauler l'Orchestre symphonique de Gatineau (OSG), qui lance samedi soir sa neuvième saison, en explorant l'univers d'Hector Berlioz à la Maison de la culture de Gatineau.

Pas du Berlioz pour débutant: la monumentale Symphonie fantastique. En première partie, Hugo Laporte entonnera Les nuits d'été, cycle de six mélodies composées par Berlioz sur des poèmes de Théophile Gauthier. «Une oeuvre vocale à grand déploiement, qui fait appel à l'orchestre au grand complet» même si seuls certains instruments accompagnent chaque mélodie, rappelle le jeune soliste de 24 ans, devenu l'une des coqueluches de l'art lyrique depuis qu'il a remporté le prestigieux concours OSM, l'an dernier.

Cette année, le baryton est lauréat des Jeunes ambassadeurs lyriques et CBC l'a listé parmi les «30 musiciens classiques de moins de 30 ans» les plus hot au Canada.

Avec ce cycle, «Berlioz, qui est un génie de l'orchestration, va chercher des effets qui ne sont pas communs aux instruments; la cinquième pièce, par exemple, demande aux violons de jouer derrière leur chevalet», le morceau de bois qui tient les cordes surélevées et transmet les vibrations à la caisse de résonance.

Les nuits d'été présentent aussi un certain nombre de difficultés techniques pour l'interprète. «Ce ne sont pas des mélodies évidentes à maîtriser. Il y a plusieurs envolées vocales [...] et beaucoup de changements subits de tonalités» par lesquels le compositeur cherche à «exprimer les revirements du coeur», explique Hugo Laporte, en rappelant le souffle puissamment romantique de ces poèmes.

«Ce sont des morceaux où l'expression des sentiments est plus importante que la beauté vocale. Il y a donc des effets de voix, comme chanter "à quart de voix", quand le personnage "chuchote". Ça me touche beaucoup plus que le bel canto

«C'est une oeuvre qui peut facilement paraître déprimante, voire dépressive, mais l'interprétation peut changer selon l'écoute qu'on en fait. Le texte parle d'amour, de l'absence ou l'abandon de la personne aimée, de mort, de deuil. Ce sont des émotions auxquelles on attache un sens négatif, mais j'y vois une certaine légèreté, une forme d'espoir.»

Son interprétation concorde, dit-il, avec la vision du chef de l'OSG Yves Léveillé, qu'il a rencontré la semaine dernière. «Je crois que c'est la jeunesse qu'on sent dans ma voix qui l'intéressait. Le fait qu'elle soit naturelle, et non poussée, fait que l'émotion ne sonne pas fabriquée. On me dit que je dégage un petit quelque chose en plus, dans le répertoire romantique... alors Les nuits d'été, c'est l'oeuvre parfaite pour ça.»

Le jeune homme a toujours eu un faible pour la «mélodie française», ce répertoire romantique du tournant du 20e siècle (St-Saëns, Fauré, Ravel, Poulenc) et «apprécie depuis longtemps Berlioz», qui en a la paternité.

Très occupé cette saison, Hugo Laporte trouvera néanmoins le temps de revisiter la région le 23 avril 2016, pour interpréter Sur les traces de Mozart. Destiné au jeune public, ce spectacle musical bilingue sera présenté au Centre national des arts, à 13h30 et 15h30. «J'aime chanter devant un public qui connaît moins le répertoire classique, qu'il soit jeune ou défavorisé. J'ai chanté pour des personnes trisomiques, cet été, et j'ai adoré l'expérience.»

Pour y aller

Quand? Samedi 19 septembre, 20h

Où? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements: 819-243-2525; www.odyssee.ca

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