Festival de Lucerne

Mariss Jansons et la lumière des ténèbres

Le court Festival de Lucerne autour de Pâques est consacré à la relation de la... (Courtoisie)

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Courtoisie

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Jean-Jacques Van Vlasselaer

Collaboration spéciale

Le Droit

(LUCERNE, Suisse) Le court Festival de Lucerne autour de Pâques est consacré à la relation de la musique et la spiritualité. Il se termine en général par deux concerts donnés par l'Orchestre de la Radio de Bavière, devenue un des meilleurs ensembles au monde depuis 2003 sous la direction de celui qui, aujourd'hui, est bien le plus impressionnant chef d'orchestre au monde, Mariss Jansons.

Jansons a réinventé la beauté de la musique classique, puisant dans les profondeurs des oeuvres pour en extraire dans la lumière toute la substantifique moelle. À chaque concert, je me demande comment il fait pour faire respirer aussi large les oeuvres dans leurs hauteurs.

De Haydn aux contemporains, il livre leur ADN, leur vérité intime, leur chant intérieur mais aussi extérieur. Depuis ses Tchaïkovski avec l'Orchestre d'Oslo, ses symphonies de Chostakovitch avec l'Orchestre de Pittsburgh, sa double prise européenne avec l'Orchestre du Concertgebouw à Amsterdam et cet Orchestre aussi phénoménal qu'est celui de la Radio de Bavière à Munich ; entre Mahler et Bruckner, entre Berlioz et Stravinsky, ses interprétations, par une pureté ouvrant les frontières de l'imaginaire sonore, disent l'insoutenable légèreté des oeuvres, livrant lyrisme et drame a leur intensité sans pathos.

Mariss Jansons a réussi cette fois-ci encore, avec le si beau Stabat Mater d'Antonin Dvorak, à la tête de son orchestre et des choeurs de la Radio de Bavière d'une tenue impeccable, et d'un quatuor de chanteurs à faire rêver. Notre resplendissante soprano canadienne Erin Wall, le mezzo japonais «sombre» et pur de Mihoko Fujimura, le ténor allemand expressif et spécialiste de Lieder Christian Elsner, et la basse chinoise, élégamment puissante de Liung Li, ont été portés stylistiquement par l'envol sonore de Jansons. Comment oublier ces instants suspendus de Wanderer schubertien dans «Oh toi, Marie, fontaine d'amour»? Comment oublier ces instants ou, comme le disait le poète «toute clarté nuit»?

Comment oublier, dans son second concert, avec l'immense Radu Lupu au piano, ce premier concerto de Beethoven, en fête musicale avec cet andante en musique de chambre et cette finale en joie d'une fraîcheur éternelle?

Et pour clore, une Symphonie No 6 d'Anton Bruckner où Jansons a réussi à créer dans la clarté, au-delà des «extraordinaires complexités rythmiques», les vastes paysages intérieurs, à la recherche du temps renouvelé des cathédrales sonores que sont les symphonies de Bruckner. Du Bruckner pour le 21e siècle.

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