Tisseur d'histoires

Alexander Shelley.... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Alexander Shelley.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le nouveau chef et directeur musical désigné de l'Orchestre du Centre national des arts (OCNA) Alexander Shelley aspire à réincarner le classique à Ottawa avec sa toute première programmation, qui sera dévoilée aujourd'hui. Une saison 2015-2016 au cours de laquelle le Britannique donnera une grande place à des compositions contemporaines canadiennes en les faisant entrer en dialogues avec des oeuvres du répertoire ayant transcendé les siècles et les frontières géographiques.

« La musique n'existe pas tant que nous ne l'interprétons pas. C'est ça, la beauté des arts de la scène ! Car au-delà des notes, il faut s'intéresser au contexte, au propos des artistes et de leurs oeuvres, afin de non pas assembler des pièces pour monter le programme d'une soirée, mais bien de leur donner la possibilité de se raconter et d'ainsi créer des liens entre chacune pour mieux les comprendre et nous comprendre ! » s'emballe Alexander Shelley.

Il cite en exemple le concert lançant sa première saison à la baguette de l'OCNA, les 16 et 17 septembre, qui fera résonner les Échos de l'enfance en réunissant la Symphonie no 4 de Mahler, la Suite de The Wand of Youth d'Elgar et une création qu'il a commandée après avoir lu la nouvelliste canadienne et Prix Nobel de littérature 2013 Alice Munro.

« J'ai reçu Dear Life, son dernier recueil, en cadeau lors de ma nomination, de la part du directeur administratif de l'OCNA Christopher Deacon. J'ai été soufflé par les nouvelles de Mme Munro et j'ai immédiatement ressenti les affinités avec Mahler et Elgar, dans ces différents regards sur l'enfance », explique M. Shelley.

Entre la tendre lucidité de la Canadienne et la vision enfantine du paradis évoquée par Mahler, le maestro a donc tissé des liens.

Plus tard, en janvier 2016, Alexander Shelley creusera la notion d'identité et de l'exil par Le triomphe de l'esprit, autour de La Liste de Schindler de John Williams, du Concerto pour violon de Korngold et d'une oeuvre créée à partir d'un poème de l'aînée mi'kmak Rita Joe, I Lost My Talk.

« Mes lectures et recherches sur l'histoire canadienne m'ont mené à lire sur les Premiers Peuples et les pensionnats. D'où cette autre pièce que j'ai commandée au compositeur John Estacio pour rendre l'esprit de ce qu'évoque Rita Joe dans I Lost My Talk, et qui m'a bouleversé. »

La compositrice Ana Sokolovic signera la troisième commande du nouveau directeur musical : Golden Slumbers Kiss Your Eyes... est une berceuse pour voix et orchestre dédiée à la mémoire du premier chef de l'OCNA, le regretté Mario Bernardi, décédé en 2013. Elle sera présentée fort à propos le même soir que Petite Musique de nuit et la Symphonie no 39 de Mozart, les 19 et 20 novembre.

Les « histoires » qu'Alexander Shelley entend développer et faire entendre au public pendant la saison 2015-2016 prendront des airs de tête à tête entre Ravel (dont son fameux Bolero) et Gershwin (avec Un Américain à Paris). Elles emprunteront aussi bien à Cole Porter, que Bartok, Sibelius, Prokofiev ou Beethoven.

Elles puiseront également dans les liens entre le jazz, la musique classique et le cinéma, par exemple. Ce sera particulièrement le cas lors du Festival Réactions de fusion qui fera la part belle aux Années folles et leurs influences. L'événement se déclinera en cinq concerts et 10 jours, en octobre, et sera l'occasion de (re)voir Les lumières de la ville de Charlie Chaplin accompagné de sa trame sonore livrée en direct par les musiciens de l'OCNA, le 14 octobre.

LE RETOUR DE ZUKERMAN, FORSYTH ET LANG LANG

Sans surprise, la prochaine saison ramènera le violoniste Pinchas Zukerman (qui déposera sa baguette de maestro de l'OCNA en juin) et sa conjointe, la violoncelliste solo Amanda Forsyth, les 5 et 6 novembre, pour une soirée baroque incluant Vivaldi, Bach, Teleman et Gluck, entre autres.

Parmi les autres artistes invités, on retrouve notamment les pianistes Angela Hewitt et Marc-André Hamelin, l'organiste Cameron Carpenter, les violonistes James Ehnes et Daniel Hope, ou encore la chanteuse de jazz Émilie-Claire Barlow, dans un programme des Fêtes.

Quant au Gala de l'Orchestre, il mettra en vedette le pianiste chinois Lang Lang, le 19 septembre.

vlessard@ledroit.com

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