Un geste de la municipalité «que je reçois comme un grand honneur. Mais cette reconnaissance devrait aller à l'orchestre, non à moi. C'est lui qui l'a mérité, de par son implication, le service qu'il rend à la communauté. Et les progrès constants qu'il a accomplis en 20 ans pour arriver au niveau d'aujourd'hui», dit humblement M. Currie.
Manifestement, le professeur en lui - il enseigne depuis 30 ans à l'Université d'Ottawa la contrebasse et la direction d'orchestre, entre autres, en plus de diriger l'orchestre universitaire et l'Ensemble Tabaret - sans chercher l'ombre, se rassasie amplement des accomplissements des gens qui l'entourent. «Après tout, vous savez, moi je ne suis que la figure emblématique de l'OSO. Ce n'est pas moi qu'on vient écouter: un chef d'orchestre, ça ne produit pas le moindre son», affirme-t-il, avec un sourire dans la voix, avant de souligner longuement la «qualité professionnelle» de l'orchestre. En tant que chef d'orchestre, «j'ai de grandes attentes envers moi-même. Et j'ai d'aussi de hautes attentes envers ceux qui travaillent avec moi». Mais il ne se voit pas autrement qu'«un musicien qui dirige. Pour être chef, la technique, ça peut s'apprendre, mais ça ne suffit pas. Il faut du doigté, savoir être fin psychologue et bon motivateur.»
«Au début, ç'a été beaucoup de travail, de construire ça, tous ensemble. À présent, c'est un travail très agréable, joyeux», renchérit-il, fier de cet orchestre et de cette communauté qui ont «le sens du style et de la valeur de l'enseignement. Car ces musiciens, ce sont aussi eux, les professeurs de nos enfants», rappelle-t-il.
Il lui arrive de diriger l'Orchestre du Centre national des arts, dans lequel il a longtemps été premier contrebassiste. Il a aussi été chef invité de nombreux et prestigieux orchestres à Prague, Washington, Vienne, Los Angeles. Mais sa collaboration avec l'OSO est une véritable histoire d'amour.
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