Les mauvais magiciens, par Étienne Tremblay ***

Vents d'Ouest, 160 pages...

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CRITIQUE / Quand la magie devient une façon de déboulonner la peur (entre autres celle d'être différents des autres, qui donne parfois envie de se fondre dans les murs) et, d'un même coup de plume d'auteur, de contrer les effets pernicieux de l'intimidation, ça donne un roman jeunesse pas piqué des vers : Les Mauvais Magiciens. Avec ce titre, Étienne Tremblay a su concocter une agréable potion à la morale bien dosée.

Élevée par ses trois marraines, qui n'en sont pas des fées pour autant, Rita est une jeune magicienne plutôt gaffeuse. 

À l'école des sorciers qu'elle fréquente, elle se retrouve donc au sein d'une classe spéciale, parmi d'autres adolescents comme elle plus ou moins habiles à mettre en valeur leurs pouvoirs. Du coup, ils subissent les moqueries et l'intimidation des autres élèves, menées par un prénommé Marco qui n'hésite pas à faire de Rita et son groupe les victimes de ses plus mauvais coups. 

N'en pouvant plus, Rita décide de jouer le tout pour le tout et d'aller rendre visite sur son île au magicien le plus puissant - et craint de tous, car on le dit fort colérique et dangereux : le Magicien Bleu, qu'elle veut convaincre de lui venir en aide pour devenir « normale ». 

L'union et l'acceptation de soi font la force

Ses compagnons de classe choisiront de l'accompagner dans sa quête, aspirant eux aussi à être « comme les autres ». Or, ce sont justement leurs différences qui leur permettront de faire face au Magicien Bleu. Ce faisant, ils découvriront que non seulement l'union peut faire la force, mais que s'accepter tel qu'on est permet aussi de vaincre ses peurs.

Étienne Tremblay travaille en classe de langage auprès d'élèves dysphasiques. On sent entre les lignes qu'il a clairement souhaité, avec Les Mauvais Magiciens, écrire une histoire pour donner confiance en eux aux jeunes lecteurs victimes d'intimidation et ayant à composer avec des défis d'apprentissage et d'intégration sociale qu'il côtoie.

En déployant sa trame dans un monde fantastique (on croirait d'ailleurs reconnaître les hommes-feuilles du long métrage d'animation Épique, au détour d'un sentier), il réussit toutefois à habilement éviter les écueils du ton trop moralisateur. 

Certes, l'auteur passe quand même ses messages. « Ne te laisse pas faire, Rita, dit le cuisinier. Marco n'est pas invincible. Tu sais, les gens ont le pouvoir que tu leur donnes, n'oublie pas ça. » 

Il sait néanmoins mesurer ses propos, ne surligne pas outre mesure ses intentions et assaisonne son roman d'une agréable dose d'humour. 

Nul doute que ce chouette roman pourrait devenir un bel outil pédagogique pour les enseignants... sans trop que ça paraisse, et tout en offrant une lecture agréablement divertissante !




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