L'éloge de la lenteur

L'auteure gatinoise Marie-France Gaumont était loin de se... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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L'auteure gatinoise Marie-France Gaumont était loin de se douter qu'elle serait publiée.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Marie-France Gaumont a dû mettre sa carrière sur pause, il y a environ un an, au bout de son rouleau. En congé forcé, elle a certes eu des idées de spa et de siestes sous la couette pour se détendre. Or, pour se « faire du bien », pour évacuer ces « boules de stress » qu'elle accumulait depuis trop longtemps, elle a surtout éprouvé le besoin d'écrire. De dire tout haut ce qu'elle pensait tout bas sur la vitesse en constante accélération de nos vies. Elle a ainsi fait du Jour où la lenteur s'est emparée de moi le contrepoids positif à une situation qui aurait pu demeurer un moment sombre.

« Je n'avais aucune idée de ce qui allait sortir quand je me suis installée pour écrire, le premier matin. Un titre m'est venu et un premier texte en a découlé... » raconte la quadragénaire.

Le lendemain, elle récidivait. Comme portée par un élan plus fort qu'elle. En rentrant de sa marche quotidienne, elle s'est rassise devant son ordinateur et a laissé ses doigts filer sur le clavier. Sans balise, ni thèmes pré-établis. Et, surtout, sans autres motivation et intention que de s'exprimer relativement aux différentes sources de stress qui l'avaient menée là, devant cet écran où ses pensées prenaient la forme de courts textes, à tenter d'y voir plus clair en elle et autour d'elle.

« J'avais juste besoin de prendre position par rapport à ces boules de stress qui me restaient coincées en travers de la gorge, soutient Marie-France Gaumont. Je parlais au 'je', mais dans un esprit de conversation avec un interlocuteur imaginaire, pour ouvrir la discussion et me donner l'occasion de m'affirmer. »

En fait, la femme de carrière - elle a notamment enseigné et travaille aujourd'hui à titre de consultante - a dû se « rappeler que c'est un choix qu'on fait d'entrer et de suivre le rythme frénétique ambiant, sans prendre le temps de se poser des questions sur ce qu'on veut vraiment. On peut donc tout aussi bien décider de ralentir », fait-elle valoir.

Mais comme le stress ne résulte pas que de l'intensité de l'engagement professionnel, Mme Gaumont aborde la conciliation travail-famille ; vante les mérites de la marche pour s'aérer les idées, pour le plaisir ou pour se déplacer vers le travail ou l'école, pour les jeunes ; traite du rapport au corps et à l'âge ; se questionne sur l'impact des médias sociaux dans nos rapports à l'autre et sur les nouvelles « trop souvent catastrophiques » en continu.

« Toute cette auto-stimulation nous empêche de nous poser, comme si nos vies n'étaient pas suffisantes en elles-mêmes. »

Marie-France Gaumont était loin de se douter qu'elle serait publiée. Jusqu'au moment où un proche, à qui elle avait fait lire quelques-uns de ses textes, lui a laissé entendre qu'elle était peut-être en train d'écrire un livre.

Or, la Gatinoise se défend bien de prétendre vouloir jouer à la psychologue ou offrir des recettes miracles par Le jour où la lenteur s'est emparée de moi. Elle n'est animée que d'une volonté : que ses 31 thèmes, qu'ils révèlent un pan de sa personnalité ou traitent de notre rapport à l'alimentation, par exemple, deviennent des sujets de conversation. « Ce serait la récompense ultime. Je suis peut-être rêveuse, mais je crois que nous pouvons agir sur nous, pour nous rendre la vie meilleure, et que si nous sommes plusieurs à le faire, nous pouvons changer le rythme des choses. »




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