Quand engagement rime avec milléniaux

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CRITIQUE / Dans le laboratoire de fortune qu'elle a confectionné chez elle, Maya, âgée de 12 ans, préoccupée par l'Alzheimer de son aïeul, développait - toute seule - un antibiotique sélectif, assez malin pour détruire certaines cellules pathogènes sans toucher aux cellules saines. Deux ans plus tard, ses travaux en physique fondamentale remportaient des prix, et elle partait en Arctique au sein d'une mission destinée à trouver des moyens de limiter les changements climatiques.

Non, ce n'est pas de la fiction. Maya Burnhanpurkar, bien réelle, demeure en banlieue de Toronto. Et, pour ceux qui doutent de son existence ou son génie, elle a sa propre page Wikipédia.

Un cas exceptionnel ? Oui... et non, si l'on se fie au jeune auteur et présentateur d'émissions (sur les ondes de la BBC) britannique Johnny Pitts. Il a arpenté la planète à la recherche d'autres « milleniaux », pas forcément aussi ingénieux ou géniaux que Maya, mais tout aussi volontaires. Et aussi déterminés qu'elle à améliorer l'avenir de la planète.  

Johnny Pitts nous présente 10 de ces jeunes gens qu'il qualifie de « superhéros ». Qui ne sont poussés ni par une ambition personnelle ni par une quête de notoriété, mais par le désir naturel de changer les choses. Pour de vrai. Tout simplement. Mus par une sorte d'évidence, au regard de certains facteurs environnementaux et démographiques. Avec une énergie juvénile, un peu rêveuse... mais pas naïve, puisqu'elle porte fruit. 

En Hollande, on découvre Boyan, 20 ans, qui a conçu une barrière flottante capable de nettoyer les océans de ses déchets plastiques sans nuire à sa faune. À travers Fahma, une Britannique d'origine somalienne qui lutte pour le droit des femmes et l'abolition de l'excision, et Wera, devenu au Brésil un symbole d'espoir pour les autochtones guarani, on découvre deux visages militants de cette génération plus souvent dépeinte pour son égocentrisme que pour son altruisme. 

À Seattle, on rencontre Nick, un ingénieur informatique qui a développé un logiciel ayant le potentiel de révolutionner les moeurs politiques, et la perception qu'en a le public. Son programme glane, fédère, trie et résume une myriade de données qui sont publiques, mais peu accessibles. Surtout, il cherche à rendre l'information facilement consultable, via une sorte d'hyperlien astucieux qui, quelle que soit la page web consultée, associe à chaque nom d'homme ou de femme politique, des informations clarifiant les liens et intérêts financiers de chacun. Des informations d'autant plus pertinentes qu'elles tiennent précisément compte du contexte textuel, au moment où l'on clique. Son objectif est moins de s'enrichir que de rendre à la démocratie sa transparence la plus parfaite.

Le Super Plan du Québécois Thomas Ribeiro

Parmi ces portraits exemplaires, l'un des plus frappants se trouve au Québec. C'est à Montréal que l'auteur est tombé sur Thomas Ribeiro. Ce scientifique et entrepreneur de 15 ans a initié le projet Super Plan, qui, pour limiter l'effet de serre, cherche à utiliser des bactéries capables de grignoter le méthane produit par les usines et les dépotoirs... puis à transformer en source énergétique le bioproduit qui en résulte, avant même qu'il ne pénètre dans l'atmosphère. « Il s'efforce de transformer un processus délétère à sens unique en un cercle vertueux », résume Johnny Pitts en rappelant que si le jeune homme n'en est qu'au stade expérimental de sa recherche, les prix qu'il accumule sont de plus en plus prestigieux.

Dans une écriture stylée, mais efficace, et qui n'oublie jamais la dimension factuelle, journalistique, de sa démarche, Johnny Pitts décrit, s'interroge, cherche à établir des corrélations entre ses sujets et leur environnement (les relations affectives, la ville, les valeurs d'éducation). Parfois, il s'émeut. Car lui aussi suit une sorte de quête, alors que se profile sa propre paternité.

À mi-chemin entre le(s) récit(s) biographique(s), le livre de motivation personnelle (chaque chapitre se conclut par une ou deux pages dites d'« appel à l'acte » incitant le lecteur, jeune ou moins jeune, à se prendre en main ou à développer des stratégies favorisant la réussite d'un projet) et le récit initiatique (car Pitts profite de son voyage pour faire tomber ses propres a priori sur la génération Y), Le manifeste de la jeunesse est une lecture à conseiller vivement aux adolescents du monde entier.




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