Fiction: une longue vie d'encre et de feu

Michèle Vinet, lauréate du prix fiction... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Michèle Vinet, lauréate du prix fiction

Etienne Ranger, Le Droit

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Selon le jury du prix littéraire Le Droit, son récit «a su embrasser l'infinie complexité de l'aventure humaine». Déjà deux fois finaliste pour ses précédents romans, Parce que chanter c'est trop dur (2007) et Jeudi Novembre (2011) Michèle Vinet a remporté le prix dans la catégorie fiction. Instants volés avec la lauréate à l'issue de la cérémonie, jeudi, au Salon du livre de l'Outaouais.

«C'est bien de gagner, mais l'objectif c'est de partager ce livre avec les autres.» Publié aux éditions Prise de Parole, à Sudbury, L'enfant-feu retrace le parcours d'une vie ballottée entre la maladie, dès l'école primaire, puis l'incertitude de l'adolescence et le succès dans l'enseignement au sein d'écoles religieuses en pleine Amérique ségrégationniste. C'est encore l'époque des objecteurs de conscience et des sections «Whites only». Le jour où Martin Luther King est assassiné, tout bascule.

La narratrice s'émancipe alors par son travail et devient une enseignante accomplie. Un jour, elle retourne au Canada pour mieux repartir en Grande-Bretagne où elle découvrira les secrets de guerre de son père. 

L'enfant-feu fait ainsi le récit d'une vie parsemée de grands embrasements intimes, ceux de l'auteure Michèle Vinet qui ne cache pas la teneur autobiographique de son troisième roman.

Une revanche sur la vie

«Je détestais l'école et suis devenue une excellente professeure,» confie celle qui a longtemps oeuvré dans le domaine de l'éducation et continue d'animer avec plaisir des ateliers de création littéraire.

Elle évoque la difficulté d'avoir dû «respecter la voix narrative de l'enfant à chacune des étapes du récit» mais se réjouit de ne pas être affectée du pire des maux pour un écrivain : la page blanche. Son quatrième roman est déjà bouclé et sera bientôt soumis à son éditeur, Prise de parole. 

«J'écris dans un état second, selon le rythme d'une dictée.» Michèle Vinet a toujours eu un faible pour les beaux mots (potron-minet est son expression préférée, écrit-elle), cite souvent Christian Bobin - c'est bon signe - et s'épanche encore sur ses traumatismes passés en cours d'arithmétique. Elle n'oublie pas de convoquer le bouillonnement intérieur qui animait une jeunesse corsetée par le carcan religieux d'une époque. Et dit avoir voulu «rendre hommage à [s]on père et à [s]a mère», qu'elle citera souvent durant l'entrevue.   

Sans fil conducteur autre que celui d'une vie bien remplie embrassée en 196 pages, le récit chemine tout feu tout flamme, filant la métaphore ignifuge de «l'enfant-feu» à la «femme flamme». 

Après l'obtention des prix Trillium et Émile-Ollivier pour le précédent roman Jeudi Novembre, ce troisième opus aura eu le mérite de faire des étincelles auprès des jurés du prix Le Droit.

Elle rencontrera le public en séances de dédicaces, samedi, de 18 h à 19 h et dimanche matin jusqu'à 11 h, au stand 115 de son éditeur.

Mention spéciale

Dans la catégorie Fiction, le jury a tenu à décerner une mention spéciale à Jean-Louis Major pour ses Contes inactuels.

Dans ce recueil de nouvelles publié en 2015, l'essayiste et philosophe manie une plume suave, aux effets incisifs, voire noirs par moments. Il observe, soulève d'un regard décapant ce qui peut se cacher derrière les manchettes faisant l'actualité.

Chacun de ses contes possède sa morale, qui fera parfois sourire et souvent réfléchir, sur le bien ou le mieux; l'uniformisation ou la différence; ou encore sur la religion et ses faux-monnayeurs.




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