Poésie: les lauriers de la rose

Andrée Christensen, lauréate du prix Poésie... (Etienne Ranger, archives Le Droit)

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Andrée Christensen, lauréate du prix Poésie

Etienne Ranger, archives Le Droit

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On l'avait abandonnée dans la contemplation d'un jardin d'hiver en jachère. On la retrouve à la belle saison, cultivant roses rêvées et mystères intimes dans son plus récent recueil, Épines d'encre - ouvrage greffant poèmes inspirés et illustrations au pinceau.

Fidèle finaliste des prix Le Droit en poésie depuis plus de 10 ans, Andrée Christensen a séduit le jury avec Épines d'encre après avoir remporté la récompense en 2014 avec son précédent recueil, Racines de neige. Portrait d'une lauréate toujours très distinguée.

D'aussi loin qu'elle se souvienne, Andrée Christensen a toujours écrit de la poésie. «C'est un mode d'expression qui convient à mon tempérament, à ma personnalité,» partage-t-elle d'une voix douce et posée. Exercice d'évocation réussi lorsqu'elle nous décrit, au téléphone, la pièce de sa maison dédiée à l'écriture, «la plus grande de toutes, avec vue imprenable sur le jardin, de hautes fenêtres, une belle lumière et surtout, une source de calme et d'apaisement.»

Ce jardin, qui l'inspire tant - avec pont japonais, cascade d'eau et petits oiseaux en été, illustre-t-elle - est de retour dans sa poésie en faisant éclore les 33 roses mi-réelles, mi-fictives d'Épines d'encre.

Le recueil s'ouvre sur le souvenir de son père cultivant des roses dans le jardin familial pour se refermer sur la tendre et émouvante Rose-du-dernier-sommeil, poème-hommage à sa mère disparue. Entre les deux, la vie s'effeuille comme une fleur. Les appellations de roses, semblables aux noms de chevaux, sont parfois déroutantes: Robert le Diable, Polypompon, Souvenirs de la Malmaison, Kimono... La poète les range en quatre catégories et les renomme à sa guise: «rose-de-l'absence», «rose-de-l'ombre», «rose-pietà».

Trilogie jardinière

«Ce sont les roses de la mémoire, explique-t-elle. J'ai commencé à écrire sur le jardin avec Racines de neige.» En fait, Andrée Christensen avait amorcé il y a une dizaine d'années l'écriture d'un essai sur le jardin, qu'elle reprendra pour clore prochainement sa trilogie jardinière. 

La récompense attribuée à Épines d'encre souligne aussi le partenariat inédit entre les Éditions David et celles du Vermillon, les premières s'étant occupé du terreau poétique, les secondes de la facture visuelle. Il s'agit d'une parution hors collection pour un ouvrage hybride que l'auteure espère, un jour, traduit en anglais, comme son précédent Lithochronos ou le vol de la pierre, composé avec Jacques Flamand (Éditions du Vermillon, 1999). 

Cultiver l'originalité

«Le plus grand défi a été de trouver matière à écrire sur un sujet maintes fois abordé et sur lequel on a l'impression que tout a déjà été dit, reconnaît Mme Christensen à propos d'Épines d'encre. Il m'a fallu trouver une expression originale, aller encore plus loin que le précédent recueil.» 

Indémodable rose, toujours là pour nous rappeler les poèmes appris pendant l'enfance: «Mignonne, allons voir si la rose...»




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