Catherine Bellemare écrit pour cesser de fuir

Pendant le Salon du livre, Catherine Bellemare participera... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Pendant le Salon du livre, Catherine Bellemare participera entre autres à la table ronde Imaginaire trash et littérature, avec Véronique-Marie Kaye et Daniel Leblanc-Poirier, le 26 février, à 15 h 30.

Patrick Woodbury, Le Droit

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Anorexie, quête amoureuse, bipolarité et bisexualité sont au coeur du premier roman de Catherine Bellemare. La Gatinoise de 27 ans ne nie pas qu'il y a « beaucoup » d'elle dans Une irrésistible envie de fuir. Or, plutôt que de continuer à se fuir, elle a préféré écrire et se dire. Pour s'aider à guérir.

Émilie a eu besoin d'avoir mal, lorsqu'elle sortait avec M. C'était avant qu'elle ne fréquente Louis. Plus par convention que par passion. Car lorsqu'Anna surgit dans sa vie, elle allume un feu en Émilie que cette dernière n'a jamais connu jusque-là. Anna, elle, file ce qu'elle croit être le bonheur auprès de Chloé, grâce à qui elle arrive à vivre avec une épée de Damoclès nommée anorexie au-dessus du corps. 

« Ça me faisait moins peur de scinder ces deux aspects de mon propre parcours à travers Émilie et Anna, confie Catherine Bellemare, entre deux gorgées de thé. Et puis, je me disais que ce serait peut-être moins choquant pour mes proches... »

Il aura toutefois fallu du temps pour que la bachelière en littérature et barmaid oeuvrant dans un estaminet du Vieux-Hull réussisse à se projeter dans une oeuvre d'autofiction, après avoir « touché le fond » début vingtaine. D'autant qu'elle savait qu'elle abordait des sujets encore tabous aux yeux de certains.

« Depuis que le livre est sorti, la semaine dernière, on me questionne moins sur ma bisexualité que sur mon anorexie, dont je n'avais encore jamais vraiment parlé publiquement. Je ne m'attendais pas à ça... Mais j'assume, je n'ai plus honte et je suis ouverte à en discuter », soutient celle qui se réjouit justement d'avoir été invitée à aller donner une conférence à son ancienne école secondaire, prochainement.

« Je pense qu'écrire m'a permis de guérir ou, du moins, de panser certaines blessures. »

Violette et marguerites

Si Émilie peut compter sur le personnage de Violette comme point d'ancrage dans le roman, c'est parce que l'auteure a elle aussi eu une grand-maman ouverte d'esprit à qui se confier.

« Mis à part de rares passages, tout est vrai dans le lien qui unit mon personnage à sa grand-mère, raconte Catherine Bellemare. Je me souviens encore de ce moment où je lui ai parlé de ma relation avec 'mon' Louis, dans laquelle j'essayais tant d'être bien, d'être moi... Ma grand-mère m'avait alors dit que c'était bien beau, la vie à la campagne, les enfants et les couchers de soleil, mais que je n'étais pas faite pour aller cueillir des marguerites... »

Ces paroles, Violette les souffle mot pour mot à Émilie, dans Une irrésistible envie de fuir.

« Ma grand-mère me connaissait mieux que moi-même ! »

La petite-fille a d'ailleurs partagé les derniers instants de lucidité de son aïeule. « Ce soir-là, je lui ai raconté ma rencontre avec 'ma' Anna... » se remémore Catherine Bellemare, le regard embué par l'émotion.

« Sa » Anna, qu'elle a non seulement eu besoin de « présenter » à sa grand-mère avant son décès, mais aussi de coucher sur papier. « C'est à partir de là que le roman a pris forme, parce que j'ai pu aborder de front les thèmes de mon histoire en créant Émilie et Anna. »

Deux personnages qui sont les reflets d'une seule et même femme, aujourd'hui capable de se regarder dans le miroir. Et de s'y reconnaître.




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