Elle tua la princesse... et vécut enfin heureuse

India Desjardins viendra présenter son nouveau roman aux... (Archives, La Presse)

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India Desjardins viendra présenter son nouveau roman aux lecteurs de la région, lors du Salon du livre de l'Outaouais, entre les 23 et 26 février.

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India Desjardins rêvait d'écrire une comédie romantique «standard». Or, pour signer La Mort d'une princesse, la quadragénaire a notamment dû tuer la Blanche-Neige (craignant entre autres de vieillir et de se transformer en reine jalouse de la jeunesse d'une autre) qui sommeillait en elle. L'auteure a aussi dû se défaire de ses habitudes pour tomber amoureuse non pas d'un prince charmant, mais d'un «bon gars». Qui, tout en lui faisant apprécier les plaisirs simples de la vie à deux, lui a permis de mener à terme la quête de sa nouvelle héroïne. Voyage au pays du bonheur sans illusions.

«Quand j'ai commencé à écrire cette histoire-là, en 2009, je m'alignais pour une comédie romantique tout à fait dans le genre que [la protagoniste] Sarah dénonce dans le roman, finalement!» lance India Desjardins en rigolant à l'autre bout du fil.

L'auteure a toutefois «bloqué» après quelques chapitres. «Comme si je n'y croyais pas. Comme si l'histoire ne pouvait pas finir autrement que mal, par une Sarah seule...»

En fait, India Desjardins, alors encore dans la trentaine, en était elle-même rendue là: «Je m'étais faite à l'idée que je resterais célibataire, et je n'étais pas malheureuse de ça.» 

Elle n'en était cependant pas totalement heureuse non plus. Jusqu'au jour où, par le biais de Facebook, elle rencontre Olivier. «Il s'est mis à m'appeler, ce que j'ai trouvé presque déconcertant, au début! admet-elle d'un ton amusé. Mais j'aimais ça: on jasait longtemps au téléphone et on s'apprivoisait lentement.»

Sans lui, elle n'aurait pas été capable de reprendre l'écriture de son roman. «Ce qu'on vivait m'a inspirée. Ce n'est pas notre histoire, que je raconte, même si la quête de Sarah - qui se transforme pour devenir un cheminement lui permettant de faire la paix avec son passé amoureux - ressemble quand même un peu à la mienne», précise-t-elle.

Amour et blessures

Si India Desjardins est devenue la «porte-parole des bons gars», comme elle dit, c'est parce qu'elle n'en pouvait plus des papillons. De ceux qui vous dévorent le ventre à vous en rendre malade. Elle avait justement mentionné à Anne-Marie Dupras, l'auteure de Ma vie amoureuse de marde, qu'elle fuyait lesdits papillons.

«Elle m'a alors répondu: 'Ben, cherche les chenilles, d'abord!'»

C'est ce qu'elle a fait. Avec pour résultat qu'elle a trouvé Olivier. À qui elle peut aujourd'hui demander d'aller chercher du lait. Tout simplement.

«Je les imaginais plates, banals, ces moments, alors que maintenant, je les chéris. Parce que j'ai appris à les aimer pour ce qu'ils sont.»

Images et réseaux sociaux

Par ailleurs, India Desjardins n'a pas ancré la trame de son roman dans le temps innocemment. Le récit se déroule en 2008, puis en 2015. «L'année 2008, c'est celle où pas mal tout le monde s'est inscrit sur Facebook, alors qu'en 2015, on a commencé à remettre en cause la prépondérance des réseaux sociaux dans nos vies et leur impact sur les relations humaines.»

Ainsi, sept ans après avoir appris l'infidélité de Gabriel, Sarah se remet lentement d'avoir été plaquée de la sorte. Elle a trouvé refuge dans le travail et consolidé son entreprise de relations de presse, si bien qu'elle est devenue une femme d'affaires accomplie. Ce qui ne l'empêche pas de se trouver naïve d'avoir cru bâtir quelque chose de solide avec Gabriel et, pire, d'oser encore croire un peu - beaucoup, et même à la folie - en l'amour.

«Au cours de mes recherches sur les ravages de l'infidélité, je me suis rendu compte que les personnes ayant été trompées ont souvent plus de difficulté à se pardonner. Les gens viennent à s'en vouloir d'avoir aspiré à quelque chose qui n'existe pas.»

Mais entre refuser l'utopique conte de fées et ne plus se donner la chance d'aimer, il y a une marge. Qui ne tient parfois qu'à la direction du regard. «Je pensais que ma récompense, ça serait que ça marcherait avec les hommes avec qui ça n'avait jamais fonctionné jusque-là. J'ai fini par comprendre que la vraie récompense, c'est de s'ouvrir à d'autres genres de gars! Je ne regardais juste pas dans la bonne direction!» clame l'amoureuse.

Sarah saura-t-elle, elle aussi, saisir que derrière le côté flamboyant de ses clients se cache peut-être un homme simple qui pourrait lui faire du bien? En cette ère de l'autopromotion et du contrôle de l'image que chacun choisit de projeter virtuellement, India Desjardins a délibérément fait de son héroïne une relationniste. Sarah gère les crises, maîtrise l'art de faire bien paraître ceux et celles qui ont recours à ses services, tout en se retrouvant parfois gardienne de certains de leurs secrets. L'un dit aimer sa conjointe, sans pour autant lui être fidèle. Un autre préfère ne pas s'attacher pour rester libre de s'amuser. Autant de confidences et de constats qui la confrontent, l'obligent à nuancer sa propre vision de ce que peut être une relation amoureuse.

«Une princesse croit juste à un type d'amour: le parfait. Quand tu la tues, tu acceptes qu'il existe plus qu'une seule façon de vivre en couple.»

Encore faut-il alors assumer ses désirs. «Espérer quelqu'un de fidèle et souhaiter fonder une famille, ç'a quelque chose de traditionnel qui semble parfois trop conformiste aux yeux des autres. À mon avis, l'anticonformisme est devenu un moule en soi, en fait de mode de vie, fait valoir India Desjardins. Tout ça pour dire qu'on n'est pas obligés de vivre comme les autres, du moment que la relation est basée sur deux personnes consentantes qui décident de leurs valeurs ensemble.»

Du coup, à l'instar de sa créatrice, Sarah réalisera peut-être que la réalité n'est pas aussi «plate» qu'elle le pensait.

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