L'humain comme inspiration

Pour contrer son découragement pour le monde, Hélène... (Yan Doublet, Le Soleil)

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Pour contrer son découragement pour le monde, Hélène Vachon a écrit Santa dans un «geste d'optimisme».

Yan Doublet, Le Soleil

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<p>Isabelle Houde</p>

Avec Santa, Hélène Vachon offre un joyeux contre-pied à la morosité ambiante : une d'histoire déjantée, où le père Noël est une femme de 71 ans, la Fée des étoiles, un jeune homosexuel, et où tout une faune de personnages marginaux entrent en collision. «C'est vraiment le choc des épidermes de gens qui ne sont pas pareils, mais qui ont quelque chose à s'offrir», résume l'auteure.

De l'humour pour faire du bien à l'âme et aux estomacs des moins nantis. Antoine Tanguay, des Éditions Alto, a eu l'idée d'offrir aux Banques alimentaires du Québec 5$ par livre vendu. Hélène Vachon a embarqué à pieds joints dans l'idée, de même que l'imprimeur, Marquis. 

«C'est extraordinaire de vivre ça, pour un auteur, que son livre serve à nourrir des gens. Que demander de plus?» lance-t-elle, tout sourire. 

Encore cette semaine, les regards étaient tournés vers Alep et sa guerre sanglante, qui a fait des milliers de victimes civiles. Une situation qui fait rager Hélène Vachon. 

«Quand on vieillit, on dirait que tout nous touche encore plus. La Syrie, Alep, je ne suis plus capable de regarder ça. C'était comme ça quand je suis née, c'est encore comme ça, et probablement que quand je vais mourir, ça va être pire. J'ai un découragement profond pour le genre humain. Je ne comprends pas qu'avec une planète si belle, on soit si peu doués pour en jouir.»

Au lieu de déprimer, elle a choisi de poser un «geste d'optimisme», en écrivant un bouquin où l'humour l'emporte sur le drame. «J'ai trouvé ça difficile d'écrire quelque chose de rigolo. Quand on écrit quelque chose de plus grave, on finit toujours par rejoindre quelqu'un par l'émotion. Là, si les gens ne sourient pas, c'est foutu! Ça passe ou ça casse.»

Au coeur de son histoire, elle a placé Marthe Winthrop, une travailleuse sociale à la retraite de 71 ans, vaguement misanthrope. Un ami enquêteur lui demande son aide pour coincer un voleur de téléphones cellulaires qui sévit dans un centre commercial. Sans le vouloir, en commençant à y fourrer son nez, elle se fait engager comme... père Noël. Et voilà que la Fée des étoiles, qui l'accompagne, est en fait Adrien, un jeune homosexuel, accro aux fajitas et aux téléromans savon mexicains. Cette amitié insolite fera dévier l'existence de «Santa» Winthrop, pour le pire... et le meilleur. Au passage, Hélène Vachon dresse un portrait truculent d'une faune bigarrée, rugueuse, mais profondément touchante. 

«Je suis une grande lectrice, et ce que j'aime dans un livre, ce sont les personnages. L'être humain a quelque chose de fascinant. La multiplicité, la diversité des gens me touche beaucoup», explique-t-elle. 

Née dans le Vieux-Québec, Hélène Vachon a beaucoup fréquenté, à l'époque, le défunt Mail Saint-Roch. «Je trouvais ça intéressant, parce qu'il y avait des gens de différents milieux. C'était certainement un milieu très dur aussi, mais à 14 ans, ce n'est pas ça qu'on voit. En mettant les Galeries Barberon en scène, j'ai comme l'impression que c'est ce qui m'est revenu, ce souvenir d'enfance.»

Santa est du coup le livre le plus personnel de l'auteure, qu'on a connue en littérature jeunesse (notamment lauréate du Prix du Gouverneur général pour L'oiseau de passage), mais aussi avec Attraction terrestre et La manière Barrow

Son souhait pour 2017? «Que l'ONU fasse sa job en Syrie. Je souhaite aussi la tolérance, la courtoisie. On ne peut pas aimer tout le monde, c'est impossible. Mais la courtoisie pour moi, c'est simplement la gentillesse élémentaire devant n'importe qui. Même ceux qu'on ne respecte pas.»

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