Petites lectures au coin de l'âtre

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CRITIQUES / Comme chaque décembre, la littérature-jeunesse est passée en mode Noël et Bonhomme Hiver. Recension de neuf titres amusants ou poétiques à lire, c'est tellement plus agréable, devant la cheminée...

Les bonshommes de neige sont éternels, de Thierry Dedieu ****

Cinq amis - quatre petits animaux forestiers et un gros bonhomme de neige - profitent de l'hiver pour s'amuser. Ainsi les journées passent-elles, «délicieuses» - à l'image de cette attachante historiette écolo. À mesure que les températures se réchauffent et que les crocus commencent à percer le tapis de neige, le bonhomme fond et perd de ses forces. Lui, pourtant si sage, si érudit - et si calé en géographie - semble ne s'inquiéter de rien... à l'inverse de ses amis. Le printemps venu, les bestioles le chercheront en vain. Et ce, jusqu'à la mer, où, apprendront-ils, il aime voyager. Cette fable signée Dedieu sert d'initiation à la compréhension du cycle de l'eau, qui suit celui des saisons. C'est doux, simple et limpide. Et illustré avec majesté, avec traits à l'ancienne et des gros plans animaliers auxquels le grand format des pages rend justice.

L'étrange Noël du petit bonhomme bleu, de Guy Niéto-Jones et Mélanie Fuentes ***1/2

Ce récit très réussi de la mésaventure du petit Paul n'a pas peur de hausser la barre littéraire des livres pour enfants. Sur un thème classique de Noël (la pauvreté, en cette période de Noël où priment la générosité et l'abondance) Guy Niéto-Jones (qui enseigne la littérature, se rendra-t-on compte ultérieurement) n'a pas peur de confronter ses jeunes lecteurs à un vocabulaire riche et à des expressions figurées raffinées. Mélanie Fuentes l'assiste aux pinceaux, ajoutant les rondeurs et douceur nécessaires à ce conte qui, s'il explore le merveilleux, ne s'interdit pas de jouer avec  l'inquiétude et les larmes des récits classiques. La dernière page permet d'entrevoir une fin heureuse et lumineuse. Mais même malgré cette pirouette finale, on est tenté de qualifier cette histoire de conte un peu tragique   , et presque cruel. Ce qui n'est pas négatif, au contraire. La chose étant rare, on l'apprécie d'autant...

Le Noël d'Ari Cui Cui, d'Ariane Gauthier et Mika ***

La soprano Ariane Gauthier profite de la quatrième aventure de son alter-ego cuisinière, Ari Cui Cui, pour prendre la plume pour la première fois. Le résultat est concluant. Flanquée de son compagnon souriceau Mamirolle, Ari vient passer les Fêtes dans sa «maison d'hiver». C'est dans cette demeure aux murs en biscuits qu'on fera la rencontre de Mamie Cui Cui et de Monsieur Coucou, l'oiseau roucouleur de l'horloge grand-père. Mais Ari a du pain sur la planche, puisque c'est elle qui doit  superviser les préparatifs du Réveillon. Elle s'acquittera des tâches une étape à la fois, sans jamais perdre son sourire, sa bonne humeur, ni son envie de chanter, même quand Mamirolle commet des bourdes.

L'Ourson de Noël, de Karine-Marie Amiot et Nathalie Ragondet ***

L'Ourson de Noël raconte joliment l'origine du nom anglais de l'ours en peluche, ou «teddy bear», ainsi nommé en l'honneur de «Teddy» Roosevelt, chasseur au grand coeur (et accessoirement président des États-Unis, sous son prénom complet de Théodore) qui avait lui-même «grâcié» un ourson. Il avait aussitôt ramené en ville son trophée, qui, tenu en laisse, se laissa baptiser Teddy. Si cette anecdote historique parfaitement authentique est sans doute mieux connue en Amérique du Nord qu'en Europe, elle n'en demeure pas moins croustillante. Elle est surtout très bien servie par les dessins souriants et chaleureux de Nathalie Ragondet, qui l'élève au rang de véritable petite légende d'automne. Mais comme le «teddy bear » régna longtemps en incontestable seigneur et maître dans la hotte du Père Noël, on est dans la thématique...

Super cagoule, d'Antonin Louchard ***

Ce n'est pas le Père Noël, mais un grand (pas si) méchant loup, qui attend au coin du bois le petit canard encagoulé au centre de ce récit. Comme il n'a pas le droit d'enlever son couvre-chef, qui le gratte pourtant horriblement, le caneton avance dans la neige en grommelant. Mais, malin et plein de cran, il va rapidement se servir de la cagoule comme moyen de négociation et de monnaie d'échange pour se débarrasser de ce loup menaçant - qui deviendra rapidement assez penaud. Antonin Louchard explore l'oralité des dialogues (les images de leur confrontation, elles, changent à peine), en jouant avec l'attitude légèrement insolente de son jeune protagoniste... qui va régler ses deux problèmes d'un seul coup. Aussi amusant qu'irrévérencieux. Fous rires d'enfants garantis.

L'Arbre des souhaits, de Kyo Maclear et Chris Turnham ***

Partis à la recherche d'un arbre des souhaits, Charles et Gliss - sa luge - s'aventurent dans la forêt, se baladent d'une page à l'autre, laissant leurs traces dans la neige. À chaque page, ils en profitent pour donner un petit coup de main à l'un ou l'autre des nombreux animaux qui se préparent à affronter l'hiver. La graphie vintage, anguleuse, des illustrations (de Chris Turnham) servent à merveille ce petit récit au ton joliment naïf (signé Kyo Maclear), qui convient bien à la pureté de l'esprit de Noël. À réserver aux plus jeunes.

Un Noël surprenant, de Katia Canciani et Jessica Lindsay **1/2

 

Une urgence force Mirmaëlle - cette fée des dents que Katia Canciani a créée pour les jeunes lecteurs déjà autonomes - à abandonner ses amis au beau milieu de la fête qu'elle a organisée, pour aller chercher une dent de Noël. Elle s'envole, survole la ville puis «achambrit» sans encombres. Mais à destination, nulle trace de dent. Mystère! Quelques  rebondissements viendront encore compliquer sa mission. Et pas question de rentrer avant de l'avoir remplie. Canciani, auteure désormais Gatinoise, soumet un récit à péripéties qui, sans être haletant, fabrique une dose de suspense dans ce décor pourtant plus fantaisiste que réaliste (il est peuplé de lutins, d'elfes, de souris et du Père Noël). Les illustrations, sommaires et en noir et blanc, sont reléguées au second plan.

Le presque Noël, de Marie Tibi et Fabien Ökto Lambert **1/2

Les très mignons animaux résidents du bois de Coin Joli préparent l'arrivée de Noël avec entrain et complicité. Tous... sauf un: Nono l'ourson. Lui qui, par nature, hiberne, va, comme chaque année, rater toutes les festivités. Et même le passage du Père Noël. Alors, à quoi bon ? soupire-t-il, dans son coin. Dans une bel élan collectif, ses amis feront tout pour lui prouver qu'il avait tort de se morfondre. Un joli conte, (très) simple et sans prétention, sur la solidarité et l'inclusion. Accompagné de dessins charmants.

Le Noël de Nicodème, Agnès Laroche et Stéphanie Augusseau **

Ce soir, le petit Nicodème est bien trop impatient pour rester sagement dans son lit, en attendant le passage du Père Noël. L'enfant entreprend donc de se cacher derrière un fauteuil du salon, pour mieux guetter, malgré la fatigue, l'arrivée du généreux bonhomme. Quand le foyer se mettra à bruisser, le garçonnet aura tout une surprise... mais pas forcément celle qu'il attendait. Ce quatrième volet des «aventures» de Nicodème est mignon, mais gentillet, voire prosaïque. Pas de recul, ici: le lecteur reste au niveau du regard infantile de Nicodème. Il manque un peu de magie et de ravissements.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer