La terre promise, d'Achdé et Jul ****

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CRITIQUE / L'ouest, ses vastes étendues, la nature...et, la brindille aux lèvres, Lucky Luke ! L'homme qui tire plus vite que son ombre est de retour sous le crayon d'Achdé et la plume de Jul dans un album évoquant, à sa façon, immigration et racisme. Cette fois, l'indémodable cow-boy créé par Goscinny promène son ombre et son colt pour prêter main forte à un ami, dont il accepte d'escorter la famille ashkénaze fraîchement exilée d'Europe à travers les dangereux canyons de l'Ouest américain.

La fratrie compte bien célébrer la bar-mitsva du cadet à Chelm city, bourgade du Montana accueillant les premiers immigrés juifs du Far West. Cette bande dessinée s'inspire de l'histoire (vraie) de Charles Moses Strauss, premier maire juif élu en Arizona. 

On y croisera Lucky Luke en kippa, le fondateur des jeans Levi Strauss, ou encore un shérif arborant une inoffensive étoile jaune.

Au fil d'un scénario très linéaire, Jul s'appuie allégrement sur les clichés et fait mouche. Une «mamé» tente de caser Lucky Luke avec sa petite fille : «Vous n'en avez pas marre d'être un cowboy solitaire ?», lui glisse-t-elle. La babouchka n'a pas sa langue dans sa poche et fait tout pour remplumer son guide à coup de hareng fumé et foie haché. Jolly Jumper se bidonne. Pas facile, toutefois, de manger casher en plein désert...

Le road trip en roulotte se transforme en cabinet des curiosités. Qui sont ces nouveaux pieds tendres tout de noir vêtus ? Des Mormons ? Des Amishs, peut-être ? Le racisme latent surgit ici et là sur la route du futur pays de Trump : « moi, les gens comme eux, je les sens », sifflera l'un des habitants. 

Les bulles panoramiques confortent l'imaginaire d'un Far West indomptable si bien rendu, en son temps, par Goscinny avec ses saloons d'hommes bagarreurs et ses attaques d'« Indiens ». 

Nouveaux colons et colonisés finiront par s'entendre ici comme larrons en foire autour d'un pow-wow festif. Avec sa longue barbe, le père Moïshé fait fureur au sein de la Nation des Pieds-noirs, où on l'appelle affectueusement « double scalp ». La terre promise a tenu ses promesses.

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