Pas de deux, d'Anne Guilbault ***1/2

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CRITIQUE / Anne Guilbault fait délicatement danser sa plume autour d'un événement pourtant tragique : le suicide d'une jeune femme.

En se jetant en bas d'un pont, Marie provoque des raz-de-marée intimes chez 13 hommes et femmes témoins du drame. Du journaliste observant la maîtresse de l'artiste qu'il venait d'interviewer se lancer dans le vide, à l'avaleur de feu qui aura fait l'amour avec elle la veille, en passant par la coiffeuse du village (qui développe sa théorie sur les femmes, la longueur de leurs cheveux et leur état amoureux) et le gardien du port de pêcheurs où Marie attente à ses jours, tous plongent au plus profond d'eux-mêmes pour faire le point sur leur propre existence.

Certains ont personnellement connu ou encore juste croisé la victime. D'autres sont secoués par le geste qu'elle a commis parce qu'il fait remonter à la surface des souvenirs et émotions qu'ils auraient préféré laisser enfouis. Peut-il y avoir quelque chose de libérateur dans la mort d'une inconnue ou d'une femme qu'on a aimée? Et si c'était le signe qu'il est temps de prendre un nouveau départ, d'abandonner ses fantômes au passé, de rompre avec l'engourdissement du présent ? Et si, par cette mort, chacun se projetait dans la vie, avec tout ce qu'elle peut avoir de lumineux, malgré certains moments plus sombres ?

Pas de deux regroupe quelques nouvelles déjà publiées individuellement par l'auteure au cours des dernières années. En les réunissant ici, Anne Guilbault leur offre non seulement une deuxième vie, mais elle les inclut dans un roman choral. Chaque témoignage devient ici le touchant « solo » d'une chorégraphie qui se déploie finement.

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