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Beauties - La beauté sauvera le monde, de Françoise Spiekermeier ****1/2

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CRITIQUE / La beauté révélée à travers le prisme de l'ethnicité. Faisant un contrepoint à tous ces manuels et magazines féminins multipliant sur papier glacés de chaleureux conseils cosmétiques, le livre Beauties nous emporte, en mots et en photographies dans un long voyage autour du monde, avec le souci de mieux comprendre ce qu'est la beauté et, surtout, tout ce que cette notion peut signifier, de façon très plurielle. Quitte à la sublimer...

Son auteure, la sociologue et photographe Françoise Spiekermeier, refait le trajet de ce qui fut pour elle un voyage initiatique - et qui le sera certainement pour nombre de lecteurs. «La conscience de soi naîtrait-elle de la conscience du beau?» se demande-t-elle en ouverture de ce beau livre carrément somptueux d'où se dégage une troublante sensation de pureté. Mue par une démarche à mi-chemin entre le documentaire et la recherche anthropologique, la sagesse de sa parole accompagne habilement notre oeil et confronte avec sensibilité nos idées préconçues. Le livre est agrémenté d'un entretien avec le sociologue français Michel Maffesoli, qui partage de passionnantes réflexions sur la beauté en tant qu'expression d'une «sensualité sociale» codifiée, entre espace de liberté et de contraintes culturelles. Il évoque aussi ce qu'il perçoit de la tendance moderne à vouloir faire de notre propre vie une oeuvre d'art.

Nos paradigmes changent, à mesure que l'on découvre les qualités esthétiques - en même temps que leurs signification culturelle ou symbolique - des rites d'embellissement et festivités tribales en Afrique, en Asie et en Orient. On s'expose à l'élégance martiale (impressionner) ou subtile (séduire) des tatouages, peintures tribales, maquillages et coiffures de glaise ocre. On découvre le dernier «chic» dans le bush africain. On y explore l'art des perruques papoues, le khôl des Touaregs, les bracelets de perles qui succèdent aux colliers de bakélite, les peaux de chèvre aux fourures de léopard... jusqu'à la barbe des talibans, etc. Et nos paradigmes tombent, ou se déconstruisent, à mesure que se révèlent les canons de beauté des piercings, scarifications, colliers des « femmes girafes », labrets (plateau labial) et des plumes couleur sang des coupeurs de têtes. Magnifique !

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