Célébrer les Premiers Peuples

Michel Noël... (Courtoisie)

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Michel Noël

Courtoisie

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Michel Noël est un auteur patient et « du genre très tenace », lance-t-il en riant. Cette idée d'une série documentaire « valorisante » et « éducative » sur les Premiers Peuples, ce Métis originaire de la Haute-Gatineau la caressait donc depuis très longtemps.

« Écrire, c'est comme assister à une course de chevaux à Blue Bonnets : chaque cheval qui prend le départ est un projet, mais tu ne peux pas toujours prévoir lequel franchira la ligne d'arrivée en premier, ni dans quel ordre se présenteront les suivants ! » illustre le prolifique écrivain.

Les choses ont toutefois déboulé rapidement dès lors que l'auteur a été approché par la maison d'édition Auzou. D'abord, de manière plutôt maladroite, raconte-t-il.

« Dans la lettre de présentation de leur projet d'une collection sur les Autochtones, il était fait mention de 'nos Indiens' : ce n'était pas méchant, mais il y avait quand même un peu de paternalisme, dans tout ça, soutient M. Noël. Je les ai donc corrigés poliment, en faisant valoir que je n'étais pas très intéressé par leur idée, mais que j'étais ouvert à travailler en tant que conseiller culturel sur une éventuelle série qui servirait à valoriser et promouvoir les cultures et traditions autochtones. »

Après six mois de travail conjoint avec les chercheurs Josée Laflamme, Jean-Louis Fontaine et Sylvie Roberge ainsi que les illustrateurs Célia Nilès et Marie de Monti, la collection Je découvre et je comprends se décline aujourd'hui en quatre titres, se penchant tour à tour sur Les AlgonquiensLes IroquoiensLes Métis et Les Inuits.

Avec cette série, Michel Noël souhaitait non seulement permettre d'enseigner « correctement » l'histoire des Amérindiens en classe, mais aussi rendre les jeunes autochtones fiers de leurs héritage et patrimoine.

Qu'un album traite du rôle du chaman ou de celui des coureurs des bois, qu'il aborde la construction et l'utilisation des maisons-longues iroquoises ou encore les questions relatives à la chasse et à l'alimentation, Michel Noël a révisé et autorisé tous les textes, jusqu'à leur version définitive.

« Les maisons d'édition québécoises sont plutôt timides quand vient le temps de parler des Premiers Peuples, de crainte de créer des controverses ou de choquer en faisant des erreurs, fait-il valoir. Du moment où nous avons convenu des orientations de la série, ma collaboration avec Auzou a été extraordinaire. »

Il vient d'ailleurs tout juste de signer un contrat pour un cinquième titre, qui portera sur les Haïdas de la côte Ouest.

« Les questions que je me pose constamment, depuis que j'écris, c'est 'comment puis-je être utile au milieu ?' et 'qu'est-ce qui manque comme outils pour transmettre nos connaissances de la meilleure façon possible ?' Nos jeunes ont eux aussi besoin de modèles, car pour se définir et se projeter dans l'avenir, il faut connaître nos ancêtres. »

Ainsi, il s'attelle parallèlement à l'écriture d'une série d'au moins cinq biographies de personnalités amérindiennes ayant marqué l'histoire canadienne et nord-américaine, dont l'incontournable Louis Riel et la célèbre Kateri Tekakwitha, mais aussi la figure moins connue de Membertou, qui a notamment côtoyé Champlain à Port-Royal, entre autres. 

« Je n'écris pas pour divertir, mais pour instruire, de manière douce, par la lecture en invitant les jeunes à s'ouvrir à d'autres cultures. »

À 72 ans, le fier papa des toujours populaires Papinachois se targue à juste titre d'être un pionnier de la littérature jeunesse au Québec. 

« Quand j'ai commencé à écrire, mon beau-père, qui habitait à Hull, me répétait: 'Un jour, tu vas écrire des choses plus intéressantes que ça.' Or, pour moi, il n'y avait rien de plus intéressant que d'écrire sur ce qui façonne qui je suis ! » clame celui dont le roman pour adolescents Pien a été couronné d'un prix du Gouverneur général en 1997.

S'il s'est parfois senti seul à prendre la parole de la sorte, Michel Noël se réjouit de participer en fin de semaine au Salon du livre des Premières Nations à Wendake, parmi une quarantaine d'écrivains autochtones de tous les âges et horizons. « J'ai semé du blé et là, j'assiste à la récolte ! »

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