Dany Laferrière préfère la base au Sommet

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Dany Laferrière est au Sommet de la Francophonie à Madagascar.

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La Presse Canadienne
ANTANANARIVO, Madagascar

La francophonie a «changé la carte littéraire du monde», croit l'écrivain Dany Laferrière, invité au XVIe Sommet de la Francophonie à Madagascar.

Assis sur la banquette arrière de la voiture qui l'amène à la petite librairie Mille feuilles où il rencontrera ses lecteurs, Dany Laferrière regarde défiler les rues d'Antananarivo, la capitale de Madagascar, cette «Grande Île» qui compte - tout comme son Haïti natale - parmi les pays les plus pauvres du monde. Et l'écrivain y voit de nombreuses ressemblances avec Port-au-Prince.

«Ce sont des villes étagées, un peu. Port-au-Prince est bâtie sur une dizaine de collines, Tana est aussi une ville à la fois en hauteur et plate», note-t-il en entrevue à La Presse canadienne, jeudi.

«Ces villes-là ont une façon de vous accueillir. Les gens sont très chaleureux. Quelque chose comme une sorte de désordre aussi, très sympathique, relève-t-il. C'est une énergie cachée, et ça, on le voit dans ces deux villes.»

À son côté, la romancière malgache Michèle Rakotoson, avec qui il discute de la condition d'écrivain, mais aussi du fait que la littérature francophone ne passe plus, comme par le passé, nécessairement par Paris.

«La francophonie a fait quelque chose d'extrêmement intéressant, parce qu'elle a développé des réseaux parallèles, en donnant la possibilité à des festivals, et à des écrivains de se rencontrer - qui n'auraient jamais pu se rencontrer (autrement). Et de façon intensive et régulière», souligne-t-il.

Ne dites pas à Dany Laferrière qu'il participe au Sommet de la Francophonie. Il a beau être, selon ses propres mots, «l'invité spécial du premier ministre du Québec», sillonner les rues de la capitale malgache depuis deux jours et s'adonner à des rencontres tant officielles qu'officieuses, il refuse l'étiquette de participant.

«Je ne suis pas au 'Sommet', je suis 'à la base'», lance-t-il.

«Je suis dans le Sommet, mais d'une autre manière, d'une manière plus pratique: je suis dans les écoles, les librairies, je rencontre des écrivains le soir.»

Au détour d'une rue prise d'assaut par des vendeurs de tomates, de vêtements et de mangues - un fruit dont il raffole, une passion qu'il évoque dans ses livres - se dresse la petite librairie qui l'a invité pour une causerie. Une trentaine de personnes attendent l'auteur de . Pendant plus d'une heure, il enchaîne réflexions et anecdotes, puis discute avec ses lecteurs. Des rencontres qui le nourrissent.

«L'écrivain, la rencontre personnalisée, ça fait partie aussi de son univers mental et émotionnel», signale-t-il.

Ce sont ces entretiens qui lui plaisent dans la francophonie. «Moi, je ne sais pas combien de fois, depuis 30 ans, j'ai vu certains écrivains du Sénégal, de la Côte-d'Ivoire ou de Pékin, que je n'aurais jamais vus s'il n'y avait pas ces institutions-là, importantes, qui subventionnent des rencontres», illustre le membre de l'Académie française.

«Les gens sont affamés de culture. On les voit dans tous ces clubs littéraires qui se développent à travers le monde. Une institution aussi puissante que celle de la francophonie elle-même, l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) aussi, a quelque chose à voir avec ça», concède-t-il. Voilà pourquoi il considère qu'elle a «changé la configuration, la carte littéraire du monde» en favorisant les rencontres et en encourageant les auteurs à écrire.

Avant de reprendre l'avion pour retraverser l'Atlantique, Dany Laferrière participera à d'autres de ces rencontres avec le public. Il prendra part notamment à une soirée littéraire vendredi avec le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à l'Alliance française d'Antananarivo.

Il croit d'ailleurs que plus d'auteurs devraient prendre part à ce genre d'événements. «Parce que ça leur fait un public - et un public de décideurs, parfois - pour permettre de se faire connaître partout, de faire connaître leur littérature, et de faire connaître l'espace qu'ils décrivent dans leur littérature.»

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