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Mickey's craziest adventures, de Lewis Trondheim et Keramidas ***

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CRITIQUE / Vive les canulars ! En préambule de la très sympathique BD Mickey's Craziest Adventures, de Lewis Trondheim et (Nicolas) Keramidas, on « apprend » que les auteurs sont tombés par hasard, dans une vente de garage, sur une rarissime série de comics américains parus en 1965. Ces fascicules contenaient des « épisodes en une planche » qui formeraient une histoire complète.

Ne pouvant se résoudre à garder pour eux ce soi-disant trésor, les deux larrons expliquent avoir traduit et reproduit le chef-d'oeuvre oublié. Il n'en est rien. Mais les auteurs s'amusent à brouiller méticuleusement les pistes, d'abord en publiant de fausses couvertures d'époque, puis en laissant entrevoir, ici et là, des marques de l'âge du papier - une planche partiellement déchirée, une lune déposée par quelque tasse à café. Autant de détails censés témoigner de l'authentique existence des planches « d'origine ». 

Ces stigmates ont en réalité été soigneusement ajoutés. On est bel et bien face à du matériel inédit. C'est du grand n'importe quoi, typique de l'esprit décalé (voire radical) de Lewis Trondheim.

La collection exhumée était incomplète, prétendent-ils. Une idée de génie, car cette astuce originale permet au scénariste toutes les ellipses qu'il souhaite. Un long récit linéaire aurait perdu de l'énergie à « lier » les éléments narratifs et n'aurait pu soutenir le même rythme trépidant. On imagine d'ailleurs les bâillements de Trondheim à l'idée de rédiger ces liens. Cette « aventure à trous » permet d'éliminer les temps morts, tout en conservant une certaine logique chronologique, car Trondheim peut se concentrer en une planche sur les gags qui l'amusent le plus, et bondir au punch suivant. Tout en laissant le lecteur libre de faire appel, ou pas, à son imagination pour combler les séquences.

Propulsé par la mauvaise foi de Donald, la veulerie de Picsou et la bêtise des frères Rapetout, ce récit inventif part dans tous les sens, depuis le labo de Géo Trouvetout jusqu'à une jungle peuplée de créatures du Crétacé. On mise peu sur les dialogues, beaucoup sur l'action. Graphiquement, Mickey's Craziest Adventures est tout aussi savoureux. Sans révolutionner l'apparence des personnages, Keramidas (Luuna ; un Donjon Monsters avec Sfar et Trondheim) ravive le souriceau et ses amis de façon personnelle, légèrement distante mais respectueuse, qui ravive la nostalgie.

Cosey, Tébo, Loisel

Cette BD est tirée d'une série de quatre relectures de l'univers classique de Disney, signées par les plus grands noms de la BD européenne. Le Suisse Cosey (la série Jonathan), qu'on n'attendait pas là, s'est aussi prêté au jeu. Dans Une mystérieuse mélodie, récit « tendre et espiègle » retraçant la rencontre de Mickey et Minnie dans l'Amérique de 1927, le bédéiste met son trait très épuré au service des personnages classiques d'Oncle Walt, dont Dog the Dog (qui deviendra Pluto).

Dans la même collection, Tébo (Captain Biceps, avec Zep) s'est quant à lui penché sur La Jeunesse de Mickey. L'album sera disponible au Québec en novembre. 

Et l'immense Régis Loisel (Magasin Général) fera bientôt paraître Café Zombo, mettant en scène - dans un format horizontal - le Mickey de la Grande Dépression. L'ouvrage sera constitué d'une série de strips rendant hommage au Mickey de Floyd Gottfredson, dont le Français se dit « fan absolu ».

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