Périls en la demeure

Daniel Lessard a publié un premier thriller politique,... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Daniel Lessard a publié un premier thriller politique, Péril sur le fleuve.

Etienne Ranger, LeDroit

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Amant de la nature et adepte d'ornithologie, Daniel Lessard ne le cache pas : il fait « partie de ceux qui pensent qu'on s'en va vers la catastrophe » sur le plan écologique. Du coup, quand est venu le temps de sortir de sa « zone de confort » en tant qu'auteur, il a renoué avec les milieux que l'ancien journaliste et commentateur à Radio-Canada continue d'observer attentivement : la politique, les médias et les dossiers environnementaux. Ce faisant, celui à qui on doit cinq romans historiques (dont la trilogie Maggie) a remonté le cours du temps à rebours jusqu'en... 2018, pour signer Péril sur le fleuve, un thriller politique empreint de son sentiment d'« urgence d'agir ».

« De plus en plus d'espèces qu'on n'avait jamais vues dans le Saint-Laurent y ont fait leur apparition à cause des changements climatiques », soutient Daniel Lessard, énumérant les poissons-lunes, les phoques barbus et autres carpes asiatiques.

« Pendant ce temps, certains oiseaux se font pour leur part de plus en plus rares », déplore-t-il, à quelques heures du lancement de Péril sur le fleuve à la Librairie du Soleil d'Ottawa.

Autant de constats que sa nouvelle héroïne, la biologiste Amélie Breton, note elle aussi. En poste à l'Anse-aux-Sarcelles, non loin de Montmagny - où Daniel Lessard a lui-même passé un an à ses débuts comme journaliste - Amélie ne peut que s'inquiéter encore plus pour la faune et la flore lorsqu'un super-pétrolier s'échoue dans le Saint-Laurent, déversant une partie de sa cargaison dans le fleuve. D'autant qu'à son plus grand désarroi, les élus, tant à Québec qu'à Ottawa, semblent ne pas savoir comment gérer la crise.

« Sur le plan politique, les gouvernements sont encore confrontés à cet éternel dilemme : protéger l'environnement ou favoriser les projets générateurs d'emplois ? Assurer la survie de la planète pour les générations futures ou assurer sa réélection lors d'un prochain scrutin ? » soulève-t-il.

L'écrivain a poussé encore plus loin : et si, de leur côté, certains écologistes décidaient de se faire justice, à défaut de réussir à convaincre les décideurs de la nécessité d'agir rapidement pour éviter le pire ? Du coup, un acte délibéré pourrait bien se cacher derrière l'accident du « Cap Vert » dans son roman...

Pour oser toucher ainsi à la politique fiction s'inscrivant dans une période contemporaine, Daniel Lessard confirme qu'il devait faire un détour dans le temps.

« Le roman historique m'a permis de prendre du recul par rapport à la scène politique et au métier, et de me prouver que j'étais capable d'écrire un roman. Mais je commençais à avoir l'impression de me répéter, à force d'écrire des histoires se déroulant dans le passé, confie-t-il. Et puis, le plus près que je m'étais rapproché de la politique dans mes romans, jusqu'à maintenant, c'était la politique municipale ! »

Cette fois, l'auteur met en scène des premiers ministres (il se permet entre autres un clin d'oeil à Jean Chrétien, « qui écoutait du Haydn partout », se souvient-il), ainsi qu'une galerie de ministres et de sous-ministres, tout comme des écologistes, voire des Américains, prêts à tout pour faire valoir leurs points de vue. 

Dans les coulisses du... journalisme

C'est sans oublier une jeune journaliste, Marie-Lune Beaupré, devant à la fois protéger une précieuse source et sa crédibilité. « Quand on commence, on peut parfois se faire manipuler par ceux qui nous refilent des scoops ou des tuyaux », mentionne Daniel Lessard, à qui c'est déjà arrivé.

Or, à l'ère des médias multiplateformes et des chaînes de nouvelles en continu, recouper ses informations devient de plus en plus ardu. 

« Les journalistes sont sollicités de toute part. Ils doivent préparer des reportages tant pour la radio que pour la télé, en plus de gazouiller s'ils ont le temps. Dans ces conditions, ça devient difficile de mettre les choses en perspective, de confirmer les renseignements obtenus auprès de plus d'une source, quand ils ont à intervenir en ondes trois, quatre, cinq fois par jour... » déplore-t-il.

Daniel Lessard se « désole » par ailleurs de toute l'« affaire Lagacé » et de l'écoute policière de journalistes au Québec.

« Alors que les médias traditionnels sont fragilisés par toutes les choses insignifiantes qui circulent sur les médias sociaux et qui sont trop souvent absorbées comme de la vraie nouvelle par le public, jamais les journalistes n'ont autant eu besoin d'être protégés ! Il faut que Radio-Canada, LeDroit, La Presse, Le Devoir et les autres puissent continuer à jouer leur rôle de source d'informations crédibles » lance-t-il.

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