Transformer ses peurs en rêves

L'astronaute canadien Chris Hatfield a lancé un livre... (Courtoisie)

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L'astronaute canadien Chris Hatfield a lancé un livre jeunesse, Plus noir que la nuit.

Courtoisie

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Chris Hadfield est le premier à reconnaître qu'il a longtemps eu peur du noir et de l'inconnu - qui prenait la forme de créatures extraterrestres cachées dans sa chambre, dans son cas. Mais son rêve de devenir astronaute comme Neil Armstrong et d'un jour voir la Lune de plus près a été plus fort encore que ses craintes d'enfant. C'est d'ailleurs là l'essence de l'album jeunesse qu'il lance ces jours-ci, Plus noir que la nuit : « L'horizon n'est pas la limite : il n'est que le début ! » claironne joyeusement à l'autre bout du fil celui qui est devenu, en 2001, le premier Canadien à marcher dans l'espace.

Le quinquagénaire souhaite ainsi, par le biais de son histoire, réconforter les enfants (et, pourquoi pas, leurs parents) en leur transmettant l'envie de se dépasser. 

« C'est normal d'avoir peur, mais il ne faut toutefois pas laisser à nos peurs le pouvoir de définir qui nous sommes, ni déterminer notre avenir et ce que nous pouvons accomplir : il faut plutôt arriver à y puiser la force de nos rêves », fait-il valoir avec conviction.

D'où l'idée de raconter son propre parcours dans Plus noir que la nuit, où les lecteurs (jeunes et adultes) font la découverte du petit Chris, tiraillé entre son désir d'explorer l'espace et sa crainte de voir les monstres tapis sous son lit envahir ses songes. Un petit garçon qui finit par accepter de dormir dans son lit, pour être certain d'avoir le droit de voir Neil Armstrong effectuer ses premiers pas sur la Lune, en 1969, sur le téléviseur des voisins de la famille, les seuls à être branchés sur l'île.

« J'ai grandi dans une vieille maison en bois qui craquait de partout. À neuf, 10 ans, je devais me rendre à l'étable, à l'aube, pour nourrir les chevaux. Encore là, il s'agissait d'un lieu avec plein de zones d'ombre et de drôles de bruits, à cette heure-là du jour... Je devais donc affronter mes peurs quotidiennement, pour effectuer mes tâches », se souvient le Chris Hadfield, joint quelque part sur la route entre Toronto et Ottawa.

Voir plus loin que l'horizon

Pour ce dernier, cet inconnu que l'on craint peut aussi bien être les monstres de l'enfance que l'immigrant venu d'ailleurs ou l'avenir. « Or, peur ne veut pas dire danger ! » tient à rappeler l'astronaute à la retraite.

« C'est pour ça que la fin de l'histoire demeure ouverte sur un ciel où la Lune baigne de lumière les dernières illustrations : voir Neil Armstrong accomplir quelque chose qui relevait jusqu'alors de l'incroyable, voire de l'impossible, a modifié ma manière de percevoir le monde. En grandissant, j'ai compris que par-delà l'horizon, par-delà ce qu'on peut apercevoir pour percevoir des autres et de ce qui nous entoure, existe tout un monde de possibilités pour peu qu'on se donne la chance d'aller voir ce qui peut nous y attendre », renchérit l'homme de 57 ans.

Pendant sa mission à titre de commandant de la station orbitale internationale en 2013 et par la suite à son retour sur Terre, Chris Hadfield a tenu à partager son expérience, à communiquer ses émotions en lien avec ce qu'il avait eu le privilège d'observer de l'espace. « Je suis conscient d'avoir réalisé quelque chose qui sort vraiment de l'ordinaire, de ce qui pourrait paraître 'normal' dans la vie de tous les jours. Voilà pourquoi je considère qu'il est de mon devoir de permettre aux jeunes de voir au-delà de ce qu'il croit possible. »

Après avoir notamment accumulé les conférences et les tournées en milieu scolaire au cours des dernières années, écrire une histoire pour les plus petits s'avérait une suite logique pour ce père de trois enfants et « fier grand-papa ».

« Comme nous avions l'habitude de lire des histoires à nos enfants, Helen (sa conjointe) et moi, ça m'a aidé à construire l'histoire que j'avais moi-même envie de raconter, entre autres par le sous-texte, justement », explique le colonel.

Et, du coup, par les illustrations, signées par le duo de frangins Eric et Terry Fan. « À la base, nous avions surtout besoin de trouver un ou des artistes capables de dessiner la noirceur et des 'monstres' de manière réaliste, mais sans pour autant terrifier les jeunes ! fait valoir Chris Hadfield en riant. Nous les avons ensuite amenés visiter le chalet où j'ai vu Neil Armstrong marcher sur la Lune afin de donner un cachet d'authenticité qui me tenait vraiment à coeur, dans ce projet. »

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