Larry Tremblay joue double... et gagne!

Le dramatuge Larry Tremblay... (Archives La Presse)

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Le dramatuge Larry Tremblay

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CRITIQUE / D'un côté, une jouissive mise en abyme autour du dernier roman d'une auteure. De l'autre, un gamin qui témoigne de son quotidien en parlant « avec » son micro. Larry Tremblay joue quitte ou double, cet automne, avec L'Impureté, son quatrième roman pour lectorat dit adulte, et Même pas vrai, un premier titre s'adressant aux plus jeunes.

L'Impureté ****

L'impureté, de Larry Tremblay... (IMAGE FOURNIE PAR ALTO) - image 3.0

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L'impureté, de Larry Tremblay

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Alice Livingston (pseudo emprunté à un certain goéland prénommé Jonathan) est morte. Non sans laisser derrière elle un roman que son éditeur se prépare à publier à titre posthume, et qui pourrait bien chambouler l'existence de son mari Antoine à plus d'un chapitre. Ce dernier n'a jamais vraiment prisé les fictions de sa conjointe. Et voilà que l'ultime oeuvre de son épouse le confronte à son passé. Au point où son avenir pourrait lui échapper? Dans toute cette histoire, encore faut-il savoir qui aura le dernier mot, de l'écrivaine décédée ou du veuf déboulonné...

Dans ce livre gigogne savamment et suavement maîtrisé, celui à qui l'on doit L'Orangeraie explore la notion de culpabilité et de vengeance; remet en question la pureté des coeurs, des corps et des âmes en présence; confronte les ambitions des uns à la manipulation des autres; s'amuse à cheval entre fiction (les extraits du roman d'Alice) et réalité (meublée des angoisses de plus en plus sourdes d'Antoine); conjugue au présent les souvenirs et amours du père et du fils en deuil. Bref, l'écrivain se fait veuve noire, tissant une toile inexorable pour ses victimes (lecteurs inclus!).

Encore une fois, Larry Tremblay émaille son texte de références à des auteurs, histoire d'étayer la psyché de ses personnages à travers leurs lectures. Il cite ici Simone de Beauvoir; là, Richard Bach, entre autres. Il prend surtout un très malin plaisir à brouiller les pistes, à confondre Antoine dans sa quête de vérités, qui ne sont pas sans cacher quelques mensonges.

Même pas vrai ***1/2

Même pas vrai, de Larry Tremblay, illustré par... (IMAGE FOURNIE PAR LA BAGNOLE) - image 5.0

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Même pas vrai, de Larry Tremblay, illustré par Guillaume Perreault

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Marco a « sept ans et demi avec des poussières ». Son petit monde fourmille de ses amis (dont Gina, avec qui il entretient une relation valsant entre amitié, amour et haine), de ses parents, de son chien. Entre l'école et la maison, il pense, joue, observe, dialogue (y compris avec sa plante mourante), écrit des poèmes, etc., sa tête grouillant d'idées, de visages, d'images et de réflexions tantôt poétiques, tantôt prosaïques.

Et, pour mieux en appréhender les petits et grands mystères de la vie, Marco refait le monde à sa manière par le biais de reportages. Mais le garçon serait-il en train de perdre contact avec la réalité, à force de parler avec son microphone invisible ? C'est du moins ce que craignent son père et sa mère...

Bien que dans un autre registre, Larry Tremblay s'amuse ici aussi  à imprégner d'une solide dose d'imaginaire (et de réjouissants questionnements existentiels!) le quotidien de son attachant petit héros. Et tout ce beau petit monde prend vie sous le foisonnant coup de crayon de l'illustrateur gatinois Guillaume Perreault.

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