Bouquiner dans l'ère du temps

J.K. Rowling a déjà renoué avec les sommets des palmarès grâce à Harry... (Archives, AFP)

Agrandir

Archives, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

J.K. Rowling a déjà renoué avec les sommets des palmarès grâce à Harry Potter and The Cursed Child. La traduction de cette pièce de théâtre marquant une nouvelle incursion de l'auteure (et du dramaturge Jack Thorne) dans l'univers du toujours aussi populaire magicien, Harry Potter et l'enfant maudit, est attendue le 14 octobre. Certes, il s'agit de l'un des titres les plus attendus de l'automne, mais d'autres livres tout aussi dignes de mention nous arriveront d'outre-frontières.

Implosions/explosions

J.K. Rowling a déjà renoué avec les sommets des... (Crédit: Jacques Gavard) - image 3.0

Agrandir

Crédit: Jacques Gavard

Après Ouragan (sur la tempête Katrina) et Danser les ombres (sur le tremblement de terre en Haïti), entre autres, Laurent Gaudé télescope à nouveau hier et maintenant dans Écoutez nos défaites (Actes Sud/Leméac) : Assem, un agent des services renseignements français en ultime mission sur le terrain, y rencontre Mariam, une archéologue irakienne qui cherche à préserver les trésors des musées dans les zones bombardées.

De son côté, c'est entre l'Afghanistan, Chypre et la France que Karine Tuil déchaîne les passions, notamment entre le lieutenant Romain Roller et la journaliste Marion Decker. L'Insouciance loge à l'enseigne de Gallimard.

Dans L'homme qui voyait à travers les visages, Éric-Emmanuel Schmitt s'intéresse au terrorisme et à la violence perpétrée au nom de Dieu. Stagiaire en journalisme, Augustin se trouve impliqué dans l'enquête entourant l'attentat perpétré par Hocine Badawi, parce qu'il a vu le fantôme du père de ce dernier argumenter avec son fils quelques minutes avant l'explosion (Albin Michel)...

De son côté, Niels Labuzan établit la Cartographie de l'oubli, en relatant la colonisation de la Namibie à travers la quête identitaire de son protagoniste métis, héritier d'un passé alourdi par le choc entre les Allemands et les Hereros (JC Lattès).

Voix de femmes

Originaire du Cameroun, Léonora Miano persiste et signe en donnant la parole à des femmes n'ayant pas la langue dans leur poche lorsqu'il s'agit d'exprimer qui elles sont et comment elles s'inscrivent dans l'Afrique d'aujourd'hui. Crépuscule du tourment (Grasset) décline donc les désirs, rêves, malheurs et déceptions d'un choeur de femmes (mère, amante, soeur, compagne...), toutes liées au même homme. 

Une autre Camerounaise d'origine attire l'attention : Imbolo Mbue confronte le rêve américain aux espoirs africains par les destins croisés de deux familles, l'une venue s'établir à Harlem pour améliorer son sort ; l'autre menée par un riche banquier de Lehman Brothers. Voici venir les rêveurs est publié chez Belfond.

Marie NDiaye (couronnée du Femina en 2001 et du Goncourt en 2009) passe par le regard d'un homme, tour à tour (ou à la fois) assistant, amoureux et confident de La Cheffe, pour concocter ce roman d'une cuisinière en quête d'épure et qui fait rimer simplicité avec sévérité dans ses assiettes... et peut-être dans sa vie (Gallimard).

Dörte Hansen installe Vera sur une ferme allemande perdue au milieu d'un verger au printemps de 1945. C'est là que sa nièce Anne débarquera avec son jeune garçon pour se remettre de sa rupture. C'est là que ces deux femmes de tête devront plonger au coeur de secrets de leur histoire familiale, À l'ombre des cerisiers, dont la version originale a été vendue à plus de 400 000 exemplaires en Allemagne (Kero).

Véronique Ovaldé propulse Atanasia, adolescente de 13 ans qui n'en peut plus de sa vie tranquille et aspire à changer le monde, à la recherche d'un peintre reclus dont les oeuvres pourraient bien donner un sens à l'étonnant conseil que la famille Bartolome se transmet d'une génération à l'autre : Soyez imprudents les enfants (Flammarion). Sylvie Testud met quant à elle en scène un couple sur le bord d'imploser à cause de l'éducation de leurs enfants et de leurs perceptions de leurs rôles de mère et père plus ou moins bien accordées (Cocotte Minus, au Seuil).

Pendant ce temps, Marek Halter prête voix à une autre femme incontournable des grandes religions monothéistes : Ève. Ce faisant, il ouvre un nouveau procès autour du légendaire couple et revisite le jardin d'Éden (Robert Laffont).

I.A. et réseaux « branchés »

Intelligence artificielle, romans à l'eau de rose et course au Pulitzer : dans Ada, Antoine Bello envoie un policier de la Silicon Valley sur la piste d'un programme informatique créé pour pondre des romans de type Harlequin, mais qui se met au défi de décrocher des prix pour établir la qualité de son écriture envers et contre tous (Gallimard). De son côté, un magnat de la même vallée dresse une armée de 10 000 hommes dans l'espoir de détruire le réseau Internet qu'il a contribué à créer, dans Où la lumière s'effondre de Guillaume Sire (Plon).

Bernard Werber fait croiser Bastet, une petite chatte grandissant à Montmartre, et Pythagore, le chat de laboratoire et non de ruelles, bien « branché » sur le réseau humain. Sous la plume de l'auteur des Fourmis, il se pourrait bien que Demain, les chats réussissent à communiquer et à enrayer la folie des hommes (Albin Michel).

Voyager par procuration

Avec Romanesque, Tonino Benacquista (Saga, etc.) met en scène un braconnier et une glaneuse condamnés à l'exil au Moyen Âge, des personnages miroirs d'un couple d'amants français d'aujourd'hui en cavale aux États-Unis... qui feront même une pointe au Québec (Gallimard). 

Yasmina Khadra quitte ses terres de prédilection autour du bassin méditerranéen pour se pencher sur le passé et le présent d'un chanteur cubain, Don Fuego, dans Dieu n'habite pas La Havane (Robert Laffont).

Andreï Makine nous transporte au coeur de L'Archipel d'une autre vie (Seuil), aux limites de l'Extrême-Orient russe, dans une chasse à l'homme qui chamboulera l'existence de Pavel lorsqu'il découvrira qui est sa « proie ».

Écrits ailleurs, publiés ici... et vice-versa !

J.K. Rowling a déjà renoué avec les sommets des... (© Art Becker/CORBIS) - image 11.0

Agrandir

© Art Becker/CORBIS

La Canadienne Alissa York (Effigie) récidive avec Le Naturaliste (Liana Levi). Cette fois, c'est l'Amazonie qui transformera à jamais ses personnages. Nous sommes en 1867. À la mort de son père, Paul sera confronté à ses racines en accompagnant sa belle-mère nouvellement veuve et sa compagne Quaker en pleine jungle, là où les attendent tortues, anacondas et fantômes du passé.

La maison outaouaise Neige-galerie publiera Gerhardt Gott - Chroniques du vide de l'auteur et artiste belge Seppe Van den Berghe. Il s'agit d'un percutant récit graphique et musical trilingue (néerlandais, français et anglais), qui sera accompagné d'une vidéo. La maison d'édition saguenéenne La Peuplade n'a pas non plus froid aux yeux et lance une nouvelle collection, Fictions du Nord, avec La faim blanche, de Aki Ollikainen, sélectionné pour le prix Man Booker cette année. Ladite faim blanche, c'est la famine qui frappe la Finlande en 1867 et contraint Marja et ses enfants à abandonner leur ferme dans l'espoir de trouver à manger à Saint-Pétersbourg.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer