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Le Droit

Andrée Poulin et Enzo Lord Mariano

Y'a pas de place chez nous

Québec Amérique, 32 pages

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Obligés de fuir les bombes dévastant tout chez eux, Tarek et son frère Marwan deviennent des «sans-pays».

De leur radeau de fortune, qu'ils partagent avec d'autres réfugiés comme eux, les deux garçons cherchent de reprendre pied dans la vie. Sur une île, un bâteau plus sécuritaire, un continent. Or, chaque fois qu'ils approchent d'une possible terre d'accueil, leur embarcation est repoussée vers le large.

«Y'a pas de place chez nous», leur crie-t-on, tout en leur jetant tantôt du pain, tantôt une couverture ou une brosse à cheveux. Face aux tempêtes, aux rejets, voire aux insultes, Tarek s'accroche à précieuse étoile de mer qu'une fillette aux cheveux blonds lui a remise, preuve de générosité et d'ouverture qui l'empêche de perdre nord, courage et foi en l'humanité des gens.

Délicatement, avec un réalisme lucide et un espoir tendu comme des mains vers l'inconnu, les mots soigneusement choisis de la Gatinoise Andrée Poulin et les illustrations puissantes d'Enzo Lord Mariano nous entraînent derrière les manchettes qui continuent d'interpeller petits et grands.

Évitant les écueils du mélodrame ou d'un ton moralisateur, Y'a pas de place chez nous fait ainsi vivre la traversée de Tarek et Marwan de l'intérieur. En privilégiant cet angle, l'album jeunesse a l'indéniable mérite de sensibiliser enfants et parents au sort de ces milliers de réfugiés traversant la Méditerranée portés par le rêve de se reconstruire une vie ailleurs que dans leur contrée en guerre.

Valérie Lessard

Laurent Galandon et Damien Vidal

Le Contrepied de Foé

Dargaud, 160 pages

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Touré, Adebayor, Pogba... et tant d'autres noms de footballeurs qui font rêver des jeunes du monde entier. Leur fantasme? Devenir à leur tour footballeurs professionnels. Particulièrement en Afrique. Jouer dans les plus grands clubs européens constitue leur motivation ultime. Mais le passage du rêve à la réalité peut parfois se transformer en calvaire.

C'est ce que raconte avec brio Le contrepied de Foé, de Laurent Galandon (au scénario) et Damien Vidal (aux dessins et couleurs), une BD lucide sur les rêves de grandeur exploités des jeunes africains.

Ahmadou et Urbain s'entraînent tous les jours sur le terrain de soccer de leur village, au Cameroun. Un jour, ils repèrent un spectateur qui les observe et les filme depuis quelque temps.

L'étranger se présente comme un agent sportif intéressé par leur jeu. Il leur fait miroiter des contrats professionnels en Europe à condition que les deux recrues paient leur voyage, plus «des frais annexes». L'équivalent de 10 ans de salaire pour un Camerounais! Leurs familles s'endettent pour offrir aux deux élus la chance de vivre leur rêve en Europe, avec promesse d'un retour sur investissement. Tous sont loin de se douter de la malveillance de cet agent sportif peu scrupuleux.

À la fois condensé d'Afrique et regard grinçant sur ce continent, Le contrepied de Foé illustre ces trafics de jeunes joueurs en provenance d'Afrique, phénomène dont on ne parle que trop peu. Livrés à eux-mêmes une fois arrivés en France, Ahmadou et Urbain doivent vivre dans la clandestinité et survivre tant bien que mal. Chacun connaîtra un destin différent, peut-être loin des rêves de gloire initiaux. La force particulière de ces vignettes, dessinées et colorées avec simplicité et netteté, tient à la personnalité de ses héros, métaphore très actuelle d'une génération qui aspire à un avenir meilleur.

Maud Cucchi

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