Le Petit Robert fête ses 40 ans

Les relationnistes et la massothérapie comptent enfin parmi les québécismes... (Courtoisie, Jean-François Gaté)

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Courtoisie, Jean-François Gaté

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Les relationnistes et la massothérapie comptent enfin parmi les québécismes faisant leur entrée dans le Petit Robert 2017. Quelque 150 nouveaux mots rejoignent ainsi officiellement l'illustre dictionnaire dont la première édition remonte à 1967.

Quarante ans à scruter la langue française, l'analyser, la répertorier...Comment s'agrandit-elle cette année ?

Sans surprise, la dernière mouture fait la part belle à Internet et aux nouvelles technologies. Le «youtubeur» se fraie une place dans le Robert, tout comme la « twittosphère » et les « émojis ». Nul doute que le terme « nomophobie » saura parler à plus d'un lecteur, mettant enfin un mot à la « dépendance extrême au téléphone portable ».

Autres entrées remarquées : les verbes « geeker », « spoiler », et « troller ». Cette année encore, le dictionnaire se met à la page des évolutions de la société. 

« Le monde change, il faut renouveler le vocabulaire pour le décrire », explique le lexicographe français Édouard Trouillez, qui a participé à la rédaction de l'édition 2017. 

Les préoccupations économiques sont tout aussi présentes dans le Petit Robert, dont la nouvelle édition disponible depuis juillet accueille les termes «disruption», « ubériser », « micropaiement » et « malussés ». 

Côté cuisine, les « antispécistes » et les « viandards » sont officiellement reconnus par le dictionnaire, qui ajoute à son menu le « pad thaï », la « mara », l'« alfalfa » ou encore le « ristrette ». Ragoutant ? À vérifier dans le dictionnaire...  

Davantage d'Anglicismes

Pour être accepté dans une nouvelle édition, chaque mot - qui doit être à la fois nouveau et installé dans la pratique - passe une sélection sévère, pour ne pas dire impitoyable. Entre 100 et 150 élus pour un millier de prétendants, bon an mal an. Les termes anglo-saxons s'installent durablement, une tendance maintenue par l'évolution des nouvelles technologies. 

« Cette année, nous accueillons plus d'anglicismes que l'année dernière, mais ça varie d'une année sur l'autre, précise le lexicographe. Nous ne portons pas de jugement là-dessus, nous restons des témoins de la langue ». 

Pas de Brexit, cette année - trop récent - mais de l'« aquabike », des « alumni » (à prononcer à la française) et le verbe « s'enjailler », mot argotique de Côte d'Ivoire, déformation de l'anglais « enjoy » et qui signifie la même chose : s'amuser, faire la fête. Grâce au Québec, l'homologué « piercing » a désormais son pendant francophone : « perçage ». 

En revanche, « queer » qui a beaucoup défrayé la chronique ces derniers temps, a de nouveau été recalé. « Il faut qu'il dure et qu'il s'intègre réellement à la langue, explique M. Trouillez. Plus on le verra en contexte, sans guillemets, en tant qu'adjectif, avec des mots en français, plus il a des chances de rentrer ».

Les amoureux du langage ne manqueront pas quelques pépites francophones dont plusieurs expressions québécoises : « broche à foin », « sur la corde à linge » ou encore « être en ondes », un gage certain de postérité.

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