Bienvenue à Meurtreville, d'André Marois ***1/2

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CRITIQUE / Les visiteurs voulant sortir des circuits touristiques traditionnels peuvent parfois, lorsqu'ils débarquent dans une ville comme Ottawa ou Stockholm, s'offrir une ballade guidée des lieux hantés de la capitale ou se lancer sur la piste des protagonistes de la série de polars suédois Millenium, par exemple.

Mais qu'en est-il des petits villages excentrés? À Mandeville, les commerçants se plaignent du manque criant d'affluence, Même le propriétaire de la réserve éprouve des difficultés financières qui pourraient bien faire couler son entreprise.

Les élus du coin ont beau de creuser les méninges, ils ne savent pas trop comment intéresser les gens à venir faire un tour dans leur patelin. Jusqu'à ce l'odeur d'une mort violente attire quelques curieux et un journaliste à sensations. Et si quelqu'un venait du coup de trouver une façon de faire rouler l'économie de Mandeville?

Ainsi, après un premier meurtre non prémédité, un deuxième, puis un troisième surviennent. Cette fois, ils ont été planifiés. Résultat? Le village fait les manchettes partout, le bar et la station-service ne dérougissent plus. Bref, Mandeville - rebaptisé Meurtreville à la une des journaux - est enfin «sur la carte». Sauf que le nombre de victimes potentielles diminue...

De la toile de fond noire peinte suavement par André Marois (qui a déjà été concepteur-rédacteur publicitaire, rappelons-le!), se détachent des personnages aux intentions plus ou moins nobles (le tueur n'est-il pas en train de s'ériger en juge décidant de qui mérite de mourir dans sa petite communauté, tout en cherchant à la sauver de la banqueroute?), mais aussi des enjeux moraux (quel est le prix à payer pour obtenir son 15 minutes de gloire?).

Tout en revisitant de manière particulièrement inventive l'image même du tueur en série, l'auteur jette un regard acidulé sur les réalités des villages «oubliés». Il joue aussi d'un humour joyeusement grinçant, propre à un genre que sa plume délicieusement tordue maîtrise franchement bien.

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