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les ventes de livres numériques dévissent, en apparence

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Thomas URBAIN
Agence France-Presse

De mois en mois, les chiffres officiels confirment un recul marqué des ventes de livres numériques aux États-Unis, lié notamment à des hausses de prix, mais les professionnels invitent à la prudence.

Selon les dernières données de l'association des éditeurs américains (AAP), les ventes d'«eBooks» ont chuté d'un quart en janvier (-24,9%), après avoir déjà reculé de 9,5% sur l'ensemble de l'année 2015.

Avant ce reflux, en 2014, quelque 510 millions de livres numériques avaient été vendus aux Etats-Unis, un record.

L'explication la plus évidente tient aux récents accords entre les éditeurs et les grands acteurs de la vente en ligne.

Entre fin 2014 et mi-2015, Simon & Schuster, Hachette, Macmillan, HarperCollins et Penguin Random House, les cinq géants du livre aux États-Unis, ont tous successivement signé un nouveau contrat avec Amazon, qui pèse un peu plus des deux tiers des ventes de livres numériques, via son système Kindle, selon la revue Publishers Weekly.

Depuis, ils ont sensiblement remonté les prix moyens des livres numériques.

«Si vous allez sur Amazon pour acheter un livre, il n'est pas rare que le prix de l'édition imprimée soit équivalent ou même inférieur à celui de l'eBook», affirme Jane Friedman, auteur du blog spécialisé JaneFriedman.com et professeure à l'université de Virginie.

Parmi les vingt meilleures ventes du classement du New York Times pour la catégorie fiction, cinq étaient vendues moins cher sous forme papier (neuf) qu'en livre électronique, a constaté l'AFP.

Sollicités par l'AFP, Penguin Random House, HarperCollins, Simon & Schuster et Amazon n'ont pas donné suite.

Pour Jane Friedman, cette stratégie pourrait être une manière, pour les éditeurs eux-mêmes, de brider volontairement les ventes de livres numériques.

«Je spécule, mais (les éditeurs) essayent de préserver, dans une certaine mesure, leur modèle économique qui a fait leur succès, c'est-à-dire vendre des livres dans des points de vente physiques», explique-t-elle.

Certains professionnels estiment également que l'accélération des livres audio (+39% pour les titres adultes en 2015), même si le produit est différent, pourrait pénaliser les eBooks.

La porte-parole de l'AAP, Marisa Bluestone, évoque la mode des livres de coloriage pour adultes qui pourrait expliquer, pour partie, la meilleure tenue des ventes physiques, le coloriage ne se déclinant pas sur eBook.

Pas de déclin

Par ailleurs, beaucoup estiment que le tableau présenté par l'AAP est partiel, car il ne comptabilise pas les ventes de certains petits éditeurs et des ouvrages publiés à compte d'auteur.

Chez New Village Press, petite maison de New York, les ventes d'eBooks «ont cru, mais lentement», explique Lynne Elizabeth, la fondatrice et directrice.

A Dallas, pour l'éditeur indépendant BenBella Books, elles sont en hausse constante, affirme son responsable, Glenn Yeffeth: +21% en 2014, +22% en 2015 et même au-delà de 30% en ce début d'année, même si cette dernière accélération est sans doute due à certains ouvrages qui ont dopé les ventes, selon lui.

Outre les ventes à l'ouvrage, petites maisons et auteurs en auto-édition bénéficient de la montée en puissance des formules illimitées, en particulier Kindle Unlimited qui permet, pour 9,99 dollars par mois, de puiser à volonté dans un catalogue de plus d'un million de livres numériques.

Peu d'éditeurs traditionnels participent à ces formules, dont les résultats échappent donc, pour l'essentiel, à l'AAP.

«Si on pouvait vraiment avoir une vue d'ensemble, on ne verrait pas de recul», fait valoir Jane Friedman.

Personne ne s'aventurerait, encore moins, à parler de déclin.

«Il y a une pression sur les points de vente physiques (la grande chaîne Barnes & Noble prévoit encore d'en fermer huit en net durant son exercice 2016/17), qui va amener de plus en plus de gens à acheter (des livres) en ligne, ce qui va probablement bénéficier aux ventes de livres numériques», anticipe Jane Friedman.

«Il y a des hauts et des bas pour tous les formats, mais aucun ne disparaîtra», assure Marisa Bluestone.

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