«Papa» dans les livres

CRITIQUES/ Comme chaque année, plusieurs parutions jeunesse sur le thème du... (123RF)

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CRITIQUES/ Comme chaque année, plusieurs parutions jeunesse sur le thème du «papa» précèdent la Fête des père du 19 juin. En voici cinq, classés par ordre de préférence.

Popol et papa

David Ezra Stein

Scholastic, 40 pages

***1/2

Ce récit aussi drôle que poétique signé par l'Américain David Ezra Stein met en scène une petite grenouille, Popol, et l'admiration juvénile qu'il voue à son géniteur, mastodonte qui fait des éclaboussures de champion et dont le «croâââ» retentissant résonne jusqu'à l'autre bout de l'étang. Cet amour étant réciproque, le duo semble inséparable. Sauf que le rejeton grandit en même temps que son appétit. De page en page, il grossit même assez perceptiblement. Bientôt, le nénuphar que partagent les deux batraciens, et qui leur sert de lit, devient trop petit pour les accueillir en même temps. Surtout que Popaul ne cesse de bouger et remuer, de bavarder et chanter, de toute sa juvénile et turbulente énergie. Papa va prendre la seule décision qui s'impose: à chacun son lit! Et «enfin la paix! » croasse-t-il et croit-il. Mais la nuit est longue et fraîche, et les bruits du marais ne sont guère rassurants pour une petite grenouille. Seul dans son coin, Popol est incapable de trouver le sommeil. Et il n'est peut-être pas le seul... Pas de réelles surprises à la lecture, mais c'est très réussi.

Les phrases sont courtes et le trait de crayon est fébrile, impatient, peut-être pas tout à fait «dégrossi», mais bien à l'image du jeune et dynamique Popol.

Tu me racontes tes tatouages?

Alison McGhee et Eiza Wheeler

Rue du monde, 24 pages

***

On ne trouvera rien d'inquiétant dans le texte d'Alison McGhee ni dans les illustrations d'Eiza Wheeler, qui abordent avec délicatesse leur sujet très contemporain: le corps bariolé d'un papa moderne, dans «Tu me racontes tes tatouages?» Pressé par les questions de son jeune fils, ce papa détaille les raisons qui l'ont poussé à se laisser graver, à l'encre indélébile, ces dessins sur le corps. Il y a, sur l'épaule, ce dragon, souvenir de lectures de jeunesse dans les paysages de Tolkien. À son avant-bras: la marque d'un sage conseil qu'aimait lui répéter son propre père. Sur l'autre bras, ces feux d'artifice et ces fleurs témoignent de sa rencontre avec la jolie fille qui sourit silencieusement, dans la pièce à côté. Sans oublier ce tatouage au flanc, rappelant quelque mission militaire dans un pays aride. À travers ces illustrations du passé,  cet homme de peu de mots se raconter et se révèle, dans toute sa douceur. Jusqu'au tout dernier tatouage, qui est aussi son préféré:  un petit coeur minuscule, incrusté d'une date de naissance. Un récit tout doux, idéal pour apprivoiser l'art du tatouage de façon rassurante. L'exercice semble même un petit peu trop gentillet.

Quand papa était petit y avait des dinosaures

 Vincent Malone et André Bouchard

48 pages, Seuil

**1/2

Il s'agit d'une réédition en format poche - ce qui est l'idée même de la collection Seuil'Issime - d'un «classique» de Seuil jeunesse qui s'amuse à confondre passé récent (la génération des parents) et préhistoire. On y décline toute sorte d'affirmations aussi véridiques qu'étranges, qui débutent toutes par «Quand papa était petit...». Par exemple: «On ne partait pas tout le temps en vacances comme aujourd'hui.» Les illustrations saugrenues, qui baignent dans un univers Néanderthalien de «bonshommes» à gros nez, accentuent le décalage et l'effet comique. Dans notre exemple: une voiture en pierre (style Les Pierrafeu), chargée de valises, qui refuse d'avancer, à cause de ses «roues» en forme de carrés. Quelques flashes hilarants côtoient des gags nettement plus faciles, mais c'est fort bien fait. Encore que le lien avec les «pères» nous semble aussi artificiel qu'inutile, et tiré par les cheveux.

De papa en papa

Émilie Vast

MeMo, 12 pages

**1/2

Probablement le livre pour enfants le plus déconcertant qu'on ait lu à ce jour. Il est construit comme une poupée russe, autour d'une seule et même phrase. Ça débute par: «Il y a très, très, très, très (le nombre de «très» a son importance) longtemps / le papa du papa du papa / du papa du papa de mon papa / vit naître le papa du papa du papa / du papa de mon papa». Illustré par une grosse matriochka moustachue. Puis la phrase se raccourcit à la page suivante: on enlève un «très», et on recommence, avec une phrase à peine moins vertigineuse, tandis qu'une nouvelle matriochka plus petite apparaît. Ça se termine, logiquement, par: «Il n'y a pas longtemps, moi, ton papa, je t'ai vu naître toi, mon enfant». C'est tout à la fois lumineux et complètement abscons; aussi imparablement logique qu'éditorialement déraisonnable.

Merci papa

Élisabeth Brami et Adèle Garceau

Seuil Jeunesse ; 96 pages

*1/2

Ce livre de petit format détaille une cinquantaine de raisons de dire «merci papa», des plus évidentes jusqu'aux plus étonnantes, avec un soupçon d'humour et deux doigts de tendresse. L'exercice est charmant, mais très convenu. Mais on a développé une allergie aux illustrations d'Adèle Garceau, qui semblent avoir été réalisées avec un logiciel style Paintbrush datant des années 80, manipulé par un néophyte.

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