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L'assassin qui rêvait d'une place au paradis: de fonds et de foi ***

Jonas Jonasson... (Courtoisie)

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Jonas Jonasson

Courtoisie

Le DroitValérie Lessard 3/5

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Après ses savoureux Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et L'analphabète qui savait compter, on aurait pu craindre que Jonas Jonasson persiste et signe une autre «relecture» certes complètement déjantée, mais certainement moins originale à la troisième prise, de l'histoire des XXe et XXIe siècles. Ou que le Suédois s'essouffle dans ses tentatives d'offrir une version (im)pertinente du monde qui l'entoure.

Or, l'auteur a décidé, cette fois, non pas de faire traverser le cours du temps à un personnage central, mais plutôt d'étoffer une galerie de «héros» autour d'un sujet: la foi. Celle qui permet de croire ou pas en Dieu et en son prochain (ou en soi-même, accessoirement); celle qui fait tendre l'autre joue, ou la main pour empocher un maximum de dons pour redonner au suivant (ou à soi-même, surtout).

Jonas Jonasson teinte son Assassin qui rêvait d'une place au paradis d'une suave dose d'humour... parfois tirant sur le noir, parfois faisant rire jaune. Car il peut être grand, le mystère de la foi, surtout quand Dieu et son message sont manipulés, récupérés, pour donner l'occasion à certains de lui faire dire ce qu'ils veulent pour leur propre cause. 

Ainsi, Dédé le Meurtrier deviendra, sous la houlette de Per Persson (réceptionniste d'une maison de passe) et de Johanna Kjellander (pasteur défroqué aux croyances guidées par le profit), un homme de main et à tout faire pour les pires criminels de Suède. Avant de découvrir la Bible et de vouloir propager la bonne nouvelle à sa façon. Persson et Kjenllander feront dès lors dudit Dédé le Meurtrier un «saint» André repenti (quoique porté sur le vin de messe) qui perpétrera quelques dons spectaculaires malgré sa tête mise à prix.

Entre détournements de fonds et des textes de la Bible, Jonas Jonasson évoque les dérapages faits au nom de Dieu, la générosité savamment mise en scène dans les médias pour bénéficier aux uns plus qu'aux autres, mais aussi les notions de pardon et de rédemption. L'assassin qui rêvait d'une place au paradis ne surprend peut-être pas autant que ses deux précédents romans, mais son ton mi-figue, mi-raisin renvoie à une nature humaine passablement désolante quand elle prend Dieu trop au sérieux... ou quand elle se permet de se prendre pour lui.

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L'assassin qui rêvait d'une place au paradis, de Jonas Jonasson

Presses de la Cité, 

***

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