Un été à NDG: émancipation ***1/2

Nathalie Petrowski a campé son plus récent roman,... (Tirée d'une vidéo de Simon Giroux, La Presse)

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Nathalie Petrowski a campé son plus récent roman, Un été à No Damn Good, dans le quartier de Notre-Dame-de-Grâce, où elle a vécu son adolescence.

Tirée d'une vidéo de Simon Giroux, La Presse

Le DroitValérie Lessard 3/5

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CRITIQUE / Été 1971, dans le quartier montréalais de Notre-Dame-de-Grâce (NDG pour les intimes de la métropole). Ou No Damn Good pour Nora. Elle a 14 ans, un petit frère en camp de vacances, des parents sur le point de divorcer, deux complices (Élise et sa soeur Marie-T.), le béguin pour Jeannot, le grand frère de ses amies.

Cette période estivale, qui s'ouvre sur la mort subite de Jim Morrison, sera celle de la perte de l'innocence pour l'adolescente.

NDG et sa rue Marcil deviennent le décor de tous les questionnements existentiels et observations de Nora: sur le féminisme et la maternité; sur l'amitié, les premiers émois sexuels et les inévitables trahisons; sur le désir d'émancipation et le besoin de réconfort, ou de repères, quand on a 14 ans et que notre cocon familial et nos certitudes volent en éclats; sur le choc des cultures, la langue de Molière et ses accents (ses parents sont originaires de France), la place des anglophones et les relents du FLQ.

Un été à No Damn Good marque le retour de Nathalie Petrowski au roman, 20 ans après Maman Last Call. Depuis, et tout en continuant d'écrire dans La Presse, la chroniqueuse a peaufiné sa plume de scénariste. L'auteure a donc développé un solide sens de l'image pour toucher (celle du contour délavé laissé par le divan sur le tapis, une fois sa mère partie, entre autres) ou pour évoquer la période (les bouteilles de Chianti ornées de rafia servant de chandeliers, par exemple). Elle maîtrise aussi l'art du punch. Ses chapitres sont courts, rythmés et proposent des chutes bien tournées, comme autant de fondus au noir ou de changements de plans. 

À l'instar de Nora qui découvre la mort mais aussi, et surtout, le monde et elle-même, la plume de Nathalie Petrowski se gorge d'une sève adolescente, vibrante de vie envers et contre tout.

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Un été à No Damn Good, de Nathalie Petrowski

Boréal, 288 pages

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