Amour cruel et hasard signés Karine Giebel

L'auteure Karine Giebel a su d'entrée de jeu... (Courtoisie)

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L'auteure Karine Giebel a su d'entrée de jeu que son plus récent polar serait fait des jeux parfois tragiques de l'amour.

Courtoisie

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Des enfants qu'on aime trop ou pas assez. Qui aiment ou sont aimés De force. L'auteure Karine Giebel a su d'entrée de jeu que son plus récent polar serait fait des jeux parfois tragiques de l'amour. Mais sûrement pas du hasard. Quoique...

«J'ai trouvé le titre du roman dès l'écriture du prologue. Puis, m'est apparue Maud, une gosse de riches de 20 ans qui étouffe sous le poids du surplus d'amour de son père. À partir de là, et parce que je persiste à écrire sans plan, je suis partie à l'aventure», soutient gaiement la Française, de passage au pays pour prendre part au Salon international du livre de Québec, en fin de semaine.

«Je ne sais jamais comment mes intrigues se terminent. Il faut que je me mette à écrire pour que les pièces du puzzle tombent en place. Pour moi aussi, le suspense reste entier jusqu'à la fin ou presque!» clame celle à qui l'on doit Les Morsures de l'ombre, Juste une ombre ou encore Le Purgatoire des innocents

Cette fois, il y avait donc, d'un côté, une enfant qui, à l'âge adulte, découvre le lourd secret porté par celle qui l'a élevée seule. Et qui - comprend d'instinct le lecteur, bien  qu'il ne sache encore rien dudit secret - n'aura de cesse de réclamer des comptes pour toutes ces années passées à ne pas recevoir les marques d'affection d'une mère dure... et aimée de force.

De l'autre, il y avait Maud, «femme-enfant en transit, qui n'arrive pas à faire le pas vers l'âge adulte à cause de son père, si bien qu'elle a des réactions d'adolescente, parce qu'elle s'est arrêtée à cette phase», explique Karine Giebel.

Quand les personnages dictent leurs lois

Autour de ces deux êtres mal aimés se greffent des personnages et se déploient des rencontres. Entre Armand Reynier, le chirurgien surprotecteur (voire manipulateur) de sa fille, et Luc, qu'il embauche comme garde du corps de Maud, après qu'il l'a sauvée d'une sauvage agression. Sans oublier Charlotte, l'épouse au regard triste et au comportement de «couguar» du richissime homme d'affaires, ainsi que leurs gouvernante et jardinier.

«Mes personnages sont d'abord flous. Ils s'étoffent au fur et à mesure que j'avance à leur suite, car ils me dictent l'histoire, en fonction de leurs traits de caractère, de leur passé qui remonte à la surface, des gestes qu'ils posent, des tensions qui surgissent entre eux. Comme ils me surprennent souvent, ils m'obligent du coup à revenir en arrière, dans mon texte, pour ajuster quelques ficelles, de façon à ce que le tout tienne, au final.»

Ainsi, c'est à force de côtoyer Maud que l'auteure a pu saisir sa véritable nature, cachée derrière sa façade de fille gâtée pourrie, et en guerre avec sa belle-mère pour l'attention de Luc. Comme c'est aussi en observant les interactions entre Luc, Maud, Charlotte et Amanda, la troublante et fort séduisante gouvernante des Reynier, que Karine Giebel a découvert des facettes insoupçonnées du jeune garde du corps.

«Certains personnages secondaires servent d'abord à brouiller les pistes, mais finissent parfois par se développer au-delà du simple ressort à l'intrigue. Ils deviennent des miroirs de mes 'héros' et me permettent d'en apprendre plus sur eux, leurs motivations et leur rôle réel dans mon histoire. Car c'est là ce qui me passionne le plus dans mon métier: créer des personnages. J'aime particulièrement les autopsier... pendant qu'ils sont en vie!» lance-t-elle en riant.

Et si elle préconise le polar, c'est que ce genre lui donne l'occasion de toucher à divers enjeux de société. «De force n'est peut-être pas le plus engagé, reconnaît-elle toutefois. J'y ai plutôt creusé la notion de contrôle, par le biais du père: de quoi est-il capable pour garder sa fille près de lui, et jusqu'où est-il prêt à aller pour préserver son image sociale?» soulève Karine Giebel.

Ainsi, Armand Reynier s'est imposé comme le pôle central de ce roman où les apparences s'avèrent (évidemment!) trompeuses. Où chacun, une fois les masques tombés, devra faire face à la et sa vérité. De gré ou de force.

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