Le quotidien du poète: dans toute sa verve ***1/2

Le DroitValérie Lessard 3/5

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«Un café/un ou deux/poèmes/dans le/grille-pain/La journée/commence». Voilà Le quotidien du poète Patrice Desbiens.

Originaire de Timmins, le Montréalais d'adoption revient avec un nouveau recueil où il mord dans l'existence faite de tous et de petits riens à pleines dents. Avec son indéniable capacité à la révolte et à jouer des images presque banales pour mieux témoigner de ce qui l'entoure et de ce qu'il ressent, aussi.

Cette verve qu'on lui (re)connaît se teinte d'un humour pince-sans-rire (sa définition du mot Loin, par exemple); elle se veut surtout crue, charnelle, résolument groundée dans le concret et d'une lucidité implacable.

Ici, le poète de 68 ans évoque l'art d'attendre «un dernier coup de foudre/avant la panne». Ou la possibilité de ne plus écrire. Là, il témoigne de l'actualité en quelques vers qui touchent la cible: «Un homme/dégaine sa/bible/Des anges tombent/du ciel/au/ralenti». Ou encore décrit cet «enfant sur la plage» semblant dormir qui ne peut que renvoyer au petit Aylan...

Bref, il constate. Le très intime: «L'eau me monte aux yeux/et va bientôt remplir/l'appartement/C'est plate./Tu n'es pas là et/tu ne m'as jamais appris/à nager.» Comme le plus universel: «Il se prend en photo/il se prend en/otage/dans la fosse commune/de son cell [...] la boîte noire/du désastre aérien/de sa vie».

Ce quotidien, Patrice Desbiens le peint dans une économie de mots qui s'avèrent d'autant plus sentis qu'ils sont porteurs d'une rage certaine. Mais il est aussi empreint d'une certaine sérénité face à tout ce qui lui est inéluctable: l'amour, le désir, la vie, le monde, la poésie et la mort.

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Le quotidien du poète, de Patrice Desbiens

Prise de parole, 60 pages

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