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À l'épicentre de l'éternité: sens et sensations du monde ***1/2

Le DroitValérie Lessard 3/5

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CRITIQUE / José Claer sait créer des images puissantes, voire hantantes. D'une sensualité qui cherche à donner sens et sensations au monde qui l'entoure.

De sa plume, le poète gratte les moindres replis de son âme, en quête de couleurs, de soleil, de vie. Et des mots pour rendre son sentiment d'urgence de (se) dire, voire de «déclencher des révolutions sans pont-levis». «Dans un tiroir plus à gauche que la liberté/J'avais toujours des histoires en boule dans les poches/Mais elles sont tombées dans les fissures du trottoir/Devant le musée où des statues à muselière montent la garde».

Il explore le vide, la solitude, le manque, la désillusion, la peur. «Nous sommes des questions dans des paysages à la mine/Et [...] tu attends que quelqu'un t'efface». Mais il s'enivre aussi de beau, de vérité, d'amour, d'art. «Je récite la lumière comme un peintre/La bouche pleine d'onomatopées».

Il sait aussi laisser des impressions troubles, avec ce nouveau recueil, dans lequel il s'écrie à la première personne d'un singulier empreint d'une voix faisant «de grands écarts entre le masculin et le féminin». «Géographe des terres intérieures», il joue des frontières entre l'homme qu'il est et la «Josée» en lui, de leurs «enfances jumelles». Ainsi, il se refuse de correspondre à une image définie ou imposée. «Je n'ose que la marge le brouillon/Je ne veux pas me mettre au propre pour les autres». 

Extra-lucide, José Claer s'expose sans fard; s'impose au coeur d'une réalité où «des hommes en treillis  de nuages/ [lui] bousculent l'intelligence» et où il «hisse le drapeau des prophètes sans époque/Des émissaires de la Terre ombilicale», quelque part entre souvenirs d'hier et songes d'aujourd'hui. Entre l'enfance et la naissance de l'adulte dans un monde qu'il façonne de sa poésie.

«À l'épicentre de l'éternité», de José Claer

L'Interligne, 112 pages

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