Ces Femmes rapaillées

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Isabelle Duval, codirectrice du projet

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Elles sont 41 Femmes rapaillées. D'Hélène Dorion à Erika Soucy; de Joséphine Bacon à Natasha Kanapé Fontaine; de Daphnée Azoulay à Mona Latif-Ghattas. Des femmes et poètes de tous les âges et horizons, dont la parole a été glanée par Isabelle Duval et Ouanessa Younsi. Or, ces Femmes rapaillées ne tentent pas d'offrir une suite à l'oeuvre de Gaston Miron, mais s'en inspirent plutôt pour clamer haut et fort les multiples facettes de leur féminité.

Pour la codirectrice du projet, Isabelle Duval, lancer un tel collectif le 8 mars, alors que la question de la pertinence du féminisme continue d'alimenter les débats et la réflexion, «ne pouvait pas mieux tomber».

«Ça veut dire quoi, être une femme libre aujourd'hui? Par le biais de Femmes rapaillées, nous voulons justement célébrer la parole de femmes libres. Une parole forte, belle, porteuse et essentielle, soutient-elle. Le but du recueil, c'est de mettre en valeur cette parole, afin que les femmes se disent elles-mêmes. Nous ne sommes donc pas dans l'interprétation des thèmes de L'Homme rapaillé de Miron. Nous inventons nous-mêmes notre propre rapaillement, entre autres par rapport à l'engagement amoureux et militant, ainsi qu'au territoire, afin de prendre possession de qui nous sommes et d'en rendre compte.»

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Isabelle Duval et Ouanessa Younsi photo) ont glané la parole de femmes et poètes de tous les âges et horizons.

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D'où l'idée de rassembler les voix d'une quarantaine de poètes ayant grandi ici ou originaires d'ailleurs, de «convoquer plusieurs voix» afin d'écouter ce qui se dégage de ce concert - concert dans lequel les regrettées Marie Uguay et Anne Hébert se font aussi entendre, notamment.

«Il y a les phrases de jadis et celles d'aujourd'hui. Les rapailler peut compliquer les choses, mais c'est sans doute une manière dynamique d'entretenir la mémoire et d'insérer dans le présent la question du commencement», écrit Nicole Brossard, dans un texte qui, servi d'entrée de jeu, donne le ton à l'ouvrage publié chez Mémoire d'encrier.

Car c'est justement à partir du poème liminaire du recueil de Gaston Miron, dans lequel il est question de naissance, d'arrivée et de (re)commencement, que l'appel aux textes a été lancé.

«On voulait montrer que la poésie peut régénérer le langage, qu'elle permet la prise de conscience de soi et ouvre des portes vers l'autre», mentionne Isabelle Duval.

Résultat? Les poètes sélectionnées évoquent «les disparitions/qu'on exhibe/sans honte/dans les pages/autochtones/du journal» (Louise Dupré) ou «l'avenir [qui] se trace dans la fureur de vivre» (Mireille Gagné). Elles jouent d'«un mot comme une aire d'allée vers l'autre bout du possible» (Marie-Andrée Gill) ou encore donnent «à l'horizon cette courbe fragile/(...)/la promesse d'un autre paysage» (Rose Eliceiry).

Elles se réclament plurielles, «Nous. En force qui soulève ce qui s'effondre» (Denise Desautels). Elles marchent «Femme droit devant» (Marie-Célie Agnant).

Tour à tour intimistes ou résolument engagées, les auteures s'inscrivent dans leurs nombreuses dimensions de leur identité. S'affirment dans une littérature contemporaine, où elles revendiquent leur place.

«Elles sont à la fois colère, espoir, amour, guérison, indignation, fierté... énumère Mme Duval. À partir de tous ces visages exprimés, Ouanessa et moi avons dû cerner les enjeux de chaque texte, pour bien en faire ressortir le caractère. Je nous revois, toutes les deux, dans mon salon, les poèmes imprimés devant nous... On a tissé la trame du recueil à l'instinct, en respectant les rythmes de chacune, qui traversent du coup ce qui est devenu une oeuvre chorale. »

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