Redéfinir la place du livre à l'école

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Un important forum s'organise, mercredi et jeudi, à Ottawa, dans le but de mieux arrimer les forces vives du milieu scolaire en Ontario français et celles de la «chaîne du livre» de la province.

Intitulé Nos livres, nos écoles ce lieu de réflexion permettra d'identifier des pistes de solution aux défis inhérents à chacun des deux milieux, mais aussi d'améliorer le dialogue entre eux, explique le directeur général de l'Association des auteures et auteurs de l'Ontario français (AAOF), Yves Turbide. Le forum est organisé par son organisme, en collaboration avec l'Alliance culturelle de l'Ontario (ACO). 

L'auteur jeunesse et pédagogue Yves Nadon, ainsi que Ronald Boudreau, directeur au sein de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), sont invités à titre de conférenciers. L'universitaire, critique et chroniqueuse Catherine Voyer-Léger y participera, en tant que coordonnatrice de l'ACO.

Si les ateliers et discussions du Forum sont réservés à la cinquantaine de participants, réunis au Conseil des arts du Canada réunira, le grand public est en revanche invité à la soirée littéraire organisée ce soir à 19 h, à Bibliothèque et archives Canada. Des textes d'une dizaine d'auteurs contemporains marquants (parmi lesquels Esther Beauchemin, Michel Ouellette et Éric Charlebois) seront mis en lecture par Antoine Côté-Legault et Marie-Pierre Proulx, dans un environnement sonore signé Dominique Saint-Pierre.

Ce Forum s'inscrit dans le cadre de la Table de concertation du livre franco-ontarien, qui réunit des représentants de tous les secteurs de la chaîne du livre, auxquels se greffent des représentants du milieu de l'éducation. Ses membres oeuvrent à ce que les auteurs franco-ontariens soient davantage étudiés en classe; ils peuvent proposer ou faciliter toute initiative pouvant servir les intérêts des auteurs, éditeurs, libraires et bibliothécaires, résume M. Turbide. L'instance a aussi pour objectif d'élaborer une Politique du livre, tel qu'il en existe une au Québec - la loi 51. 

Cette Table est elle-même née dans la foulée du Forum de concertation du livre franco-ontarien, une initiative similaire tenue en 2007.

Depuis 2010, l'ACO s'est quant à elle doté d'un instance parallèle, la Table arts et éducation de l'Ontario. «Mais mais le milieu littéraire n'y trouvait pas d'interlocuteur privilégié car la littérature, dans le curriculum d'enseignement de l'Ontario, n'est pas considéré comme une discipline artistique», fait valoir M. Turbide. «Sans doute parce quelle a une incidence plus grande sur le phénomène identitaire», elle est plutôt enseignée à l'intérieur des cours de français.

D'où la volonté commune de l'AAOF et de l'ACO de créer un événement permettant de réunir les intervenants des deux mondes.

L'exercice servira à clarifier comment chacun fonctionne, au sein de ces structures complexes. Un tel état des lieux devrait permettre de mettre en branle des projets concrets, espère M. Turbide. 

«On veut essayer de comprendre qui fait quoi et démystifier toutes ces questions qui sont essentiellement les mêmes qu'en 2007», à commencer par «Quels sont les livres véritablement disponibles?» et «Est-ce que les auteurs sont représentés comme il se doit?» note M. Turbide, en rappelant qu'un étudiant est censé avoir étudié au moins six oeuvres franco-ontariennes, à l'issue du secondaire. Or, «on a des sons de cloches très différents, selon les écoles».

Parmi les pistes de réflexion, les délégués du Forum évalueront comment améliorer la formation des enseignants et des bibliothécaires, ou comment mieux soutenir les éditeurs dans leur travail de promotion des auteurs dans les écoles... quitte à envisager «des rencontres littéraires par Skype». La place de l'édition numérique à l'école n'aura pas le choix de faire partie des débats, poursuit-il, tout comme les difficultés de la Librairie du Centre, qui a considérablement réduit sa succursale d'Ottawa et prévoit de fermer son antenne à Sudbury en juin.

Sur un ton plus optimiste, le directeur général de l'AAOF se demande aussi «si on ne devrait pas organiser un grand festival littéraire en milieu scolaire, à l'image de Théâtre Action» et «s'il n'y aurait pas lieu d'actualiser la liste Trillium» en y faisant ajouter des oeuvres littéraires. La liste Trillium répertorie les manuels approuvés par le ministère de l'Éducation. Les écoles n'ont rien à défrayer lorsqu'elles commandent ces oeuvres, dont le coût est pris en charge par le ministère.

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