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Yann Martel parle de singes et de la foi dans Les hautes montagnes du Portugal

Yann Martel voit l'écriture comme un «acte social»... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Yann Martel voit l'écriture comme un «acte social» qui implique une communication avec l'autre, ce qui l'a amené à modifier un passage du livre qu'il écrit actuellement.

Le Soleil, Erick Labbé

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Victoria Ahearn
La Presse Canadienne

Quinze ans après la publication du livre à succès L'histoire de Pi, le récit d'un garçon et d'un tigre naufragés, Yann Martel reprend sa réflexion sur la foi et la raison dans son nouveau roman, Les hautes montagnes du Portugal, paru cette semaine en français aux Éditions XYZ.

Et comme dans L'histoire de Pi et Béatrice et Virgile, roman sur le thème de la Shoah sorti en 2010, l'auteur originaire de Saskatoon utilise encore les animaux de manière allégorique.

Dans ce cas-ci, le grand véhicule symbolique est le chimpanzé, qui prend différents visages dans cette histoire qui propose réalisme magique et se penche sur l'amour, le chagrin et la souffrance.

«Pour celle-ci, j'ai choisi le chimpanzé parce que je voulais un grand singe. Je voulais quelque chose proche de nous, a affirmé M. Martel. Les singes, les grands singes, particulièrement les gorilles, les chimpanzés et les bonobos, nous ressemblent de façon remarquable. Il y a clairement un fossé. Notre intelligence, par exemple. Ils sont néanmoins comme un reflet flou et déformé de qui nous sommes, une forme primitive. Nous sommes liés.»

Les Hautes Montagnes du Portugal sont divisées en trois parties qui se rejoignent à la fin du roman.

Dans la première, le lecteur fait la connaissance d'un conservateur d'un musée portugais en deuil de sa femme, de son enfant et de son père qui voyage dans les montagnes en 1904. Au volant d'une automobile dernier cri, il cherche un artefact décrit dans le journal d'un prête ayant été témoin de la traite des Noirs.

Ensuite, il y a un pathologiste portugais profondément pieux qui procède à l'autopsie du mari d'une femme, non pas pour déterminer comment il est mort, mais bien comment il a vécu.

La troisième section met en scène un veuf canadien qui s'entiche d'un singe dans un refuge pour chimpanzés et qui emmène l'animal afin qu'il vive avec lui dans sa nouvelle maison au Portugal.

Yann Martel a confié avoir grandi dans une famille laïque et ne s'être intéressé à la religion qu'à l'âge adulte lors d'un voyage en Inde, où il a découvert le côté positif de faire une profession de foi dans une société aussi pragmatique que la nôtre. Il s'est retrouvé à écrire «L'histoire de Pi» là-bas.

«J'ai soudainement vu une correspondance entre l'art et la religion, que les deux nous demandent d'aller plus loin que ce que nous pensons savoir, alors j'ai commencé à m'intéresser à cela. L'histoire de Pi reflète cet intérêt, tout comme ce roman-ci», a expliqué l'écrivain dans le cadre d'une entrevue accordée dans les bureaux torontois de Penguin Random House, l'éditeur de la version anglaise du livre.

Le père de quatre enfants a remporté le prix Man Booker dans la catégorie fiction en 2002 pour L'histoire de Pi, et l'adaptation cinématographique du roman par Ang Lee a permis à ce dernier de mettre la main sur l'Oscar de la meilleure réalisation.

Pour l'auteur, ce succès est un peu «comme une violente tempête s'abattant sur Toronto: on présume que cela ne se reproduira pas».

«Je présume que cela ne se reproduira pas à cette échelle, a poursuivi M. Martel. Mais ce n'est pas important parce que, vraiment, le succès de mes livres commence dans ma tête.»

Même Béatrice et Virgile, qui a divisé les critiques avec son regard allégorique sur la Shoah à travers le point de vue d'un singe et d'une ânesse empaillés, était un succès à ses yeux.

«Certaines personnes ont détesté, l'ont réduit en miettes. Selon moi, c'est un livre à succès. J'ai passé six ans sur ce livre et, pendant six ans, j'ai été satisfait, et quand je le vois aujourd'hui, je me dis encore: 'Oui, c'est exactement ce que j'essayais de faire'», indique Yann Martel. Alors, je ne ressens vraiment aucune pression. J'espère que celui-ci sera bien reçu. Sinon, eh bien, je vais continuer, tant qu'il y aura des gens pour simplement me lire.»

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