Poésies des coeurs qui palpitent

Qu'il se vive en majuscules ou en mode mineur, l'amour marque. (Martin Meissner, Archives AP)

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Martin Meissner, Archives AP

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Qu'il se vive en majuscules ou en mode mineur, l'amour marque.

Ainsi, pendant qu'Antoine Côté Legault évoque les émois liés à une possible relation, Daniel Groleau Landry, lui, fait le bilan d'une rupture, voire du mythe entourant l'amour. De Corps à corps - une blind date poétique à Amorragies, l'amour palpite et suinte à travers des vers qui, s'ils renvoient indéniablement à un sentiment intemporel, s'inscrivent dans des réalités fondamentalement contemporaines. 

«Corps à corps - un blind date poétique», de Antoine Côté Legault ***

Sans fard, mais avec finesse et des références bien d'aujourd'hui (sur des histoires d'amour de vampires dont «il faudrait [...] faire une série»), Antoine Côté Legault rend compte des attentes et sentiments parfois ambivalents qui nous habitent lorsqu'on rencontre pour la première fois quelqu'un. Surtout en cette ère virtuelle où les apparences peuvent s'avérer trompeuses. 

Comment se comporter lors d'une première date? Quoi dire (ou ne pas dire) de crainte de faire fuir l'autre, quand on exprime ce qu'on espère d'une relation? 

«Incertain de l'issue de la soirée/j'ai apporté des ballerines/et des gants de boxe/au cas où/je n'ai jamais enfilé de gants de boxe/et même si c'est pareil pour toi/je suis sûr qu'on sait se battre/pour une vie meilleure». Autant d'aspects que le poète outaouais traite avec une apparence de légèreté qui, pourtant, témoigne du sérieux de la chose. 

Car l'homme est seul dans un bar et attend celle à qui il a donné rendez-vous. Et si, en son absence, il commence d'abord par se demander qui il souhaite voir se pointer à sa table (entre autres en lui adressant mentalement la liste «des vingt-et-une vérités à savoir sur moi»), il finit par questionner son rapport à l'autre dans un couple, à l'intimité des corps et à l'irrépressible besoin d'aimer.

Critique: «Amorragies», de Daniel Groleau Landry ***1/2

Entre «le battement/d'une paupière d'étoile» d'un premier regard échangé à «la dépouille de [s]on orchidée», Daniel Groleau Landry creuse la perte de l'être aimé. Tel «un homme de paille/dans un champ de blé/incendié», il sillonne ses terres défrichées, puis abandonnées. À moins qu'elles ne soient plutôt laissées en jachère, en attente d'un nouveau printemps? 

Encore lui faudra-t-il occulter «la détresse d'un dragon à tête d'agneau» pour devenir phénix aspirant à renaître de sa «chair hantée» par les braises des «yeux de feu» de son amant. 

Au-delà du constat de l'échec de sa relation amoureuse et de la possibilité de s'ouvrir une fois de plus à l'amour, l'Ottavien réfléchit aux relations «dans un monde hyperconnecté» et comme bien de consommation. 

À une époque où les elles sont souvent comparées à des papiers mouchoirs dont on dispose (trop) facilement, réduites «à un clic/déclic de la gâchette», il panse ses plaies par l'écriture, accumulant «des bouts de papier/des miettes de poèmes/des bribes d'âme» pour exorciser sa peine et nourrir l'espoir.

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