La poésie pour les jeunes

La poésie n'est pas que réservée aux adultes. Elle peut aussi non seulement... (Patrick Woodbury, archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, archives LeDroit

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La poésie n'est pas que réservée aux adultes. Elle peut aussi non seulement s'adresser aux jeunes et aux adolescents, mais également rendre compte de puissante façon de leurs vie et émotions.

Quand hurle la nuit

Mario Brassard

Soulières Éditeur, 88 pages

***1/2

Salicou vient d'ailleurs. Il est Sénégalais, victime d'intimidation à sa nouvelle école, où «trois garçons y aiguisaient leurs crocs plutôt que leurs crayons». Il a peur et compte les moutons noirs, la nuit venue, en les multipliant «au lieu de les additionner», dans l'espoir qu'ils soient assez nombreux pour ne pas se laisser avaler par les loups... Or, peu à peu, la peur de Salicou cède le pas à la colère sourde d'un dragon aux idées de vengeance, qui pourraient néanmoins se retourner contre lui et finir par brûler les ailes du garçon. C'est toutefois sans compter la sensibilité de ses parents et d'autres personnes du voisinage qui viendront témoigner de leur solidarité afin de mettre un terme au cercle vicieux de la haine de façon aussi colorée qu'amusante. Rempli d'images fortes (et d'autres plus convenues ici et là), Quand hurle la nuit s'avère un texte lyrique, porteur d'espérance et d'humanité. Mario Brassard ne joue pas à l'autruche et creuse la part terrorisée et sombre de Salicou, tout en apportant une touche de couleurs à un monde qui, justement, n'est pas que noir et blanc.

Les poèmes ne me font pas peur

Laurent Theillet

Boréal, 120 pages

***

Se glissant dans la peau d'une adolescente de 15 ans, Laurent Theillet réussit à témoigner du maelstrom d'émotions souvent ambivalentes et des questions existentielles de son personnage. «Je pousse un mouton du bout du pied / ma chambre est un champ de bataille / je suis en amour et je suis en guerre / j'aime et je hais comme personne.» Son héroïne compose comme elle peut avec l'absence de son père, ainsi que la distance géographique entre elle et sa meilleure amie, qui vient de déménager. Elle se demande si elle veut un amoureux... ou pas, si écrire de la poésie la rend trop ou pas assez différente des autres, etc. Elle se cherche entre les virgules, qui «ressemblent trop à des erreurs / des dérapages» pour qu'elle les utilise dans ses poèmes. Qui ne lui font pas peur, au contraire, clame-t-elle haut et fort. Fallait-il pour autant que cette adolescente ait perdu son père en plus pour la rendre prétendument plus criante de vérité? S'il accentue évidemment certains questionnements, son deuil n'était pas nécessaire, l'adolescence étant déjà une période bouillonnante et fertile en soi. Cela dit, celle à qui Laurent Theillet prête sa plume ose foncer, malgré ses doutes et sa sensibilité en montagnes russes, «route ouverte, / un regard tout autour

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