Beaux livres à glisser sous le sapin

Que ce soit pour voyager (à l'étranger ou à l'intérieur de soi, pourquoi pas?)... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Le Droit

Que ce soit pour voyager (à l'étranger ou à l'intérieur de soi, pourquoi pas?) ou pour le plaisir des yeux, voici quelques suggestions de livres, beaux et emballants, à (s')offrir pour les Fêtes.

L'art d'Hergé, Hergé et l'art

Pierre Sterckx

Gallimard/Éditions du Moulinsart, 242 pages

****

Entre biographie commentée et beau livre, L'art d'Hergé, Hergé et l'art est sans contredit le titre sur Tintin le plus intéressant parmi tous ceux (très, voire trop nombreux à être publiés encore cette année) se proposant de décortiquer un aspect ou un thème précis de l'oeuvre du Belge ou de son célèbre personnage.

D'abord, parce qu'il est signé par Pierre Sterckx, ami et conseiller en art contemporain de Georges Remi, dit Hergé. Ensuite, parce qu'il décrit avec pertinence l'évolution du travail d'Hergé, de ses premières esquisses aux dessins aux lignes nettement plus épurées dont il signera les ultimes albums mettant en vedette le toujours populaire reporter et son inséparable Milou - sans oublier la colorée galerie de personnages les entourant, auxquels Pierre Sterckx accorde d'ailleurs quelques pages individuelles pour jeter un regard éclairant sur leur personnalité, leur physique ou leur genèse (les Dupondt renverraient au père d'Hergé, Alexis, qui avait un jumeau prénommé Léon).

Pas de théories tirées par les cheveux pour surfer sur la vague Tintin, ici. Les propos de l'auteur sont plutôt empreints d'une finesse d'observation bien servie par une écriture par ailleurs fluide. Et comme il s'agit d'une réflexion sur Hergé l'artiste et sur son rapport à l'art, un réel souci a été apporté à la reproduction des planches et autres dessins, qui se trouvent donc mis en valeur comme il se doit. Voilà un livre qui permet une incursion des plus foisonnantes dans l'univers d'Hergé et ce, même pour les tintinophiles avertis.

Valérie Lessard

Story-Boards - La genèse des chef-d'oeuvre du cinéma

Fionnuala Halligan

Éditions Prisma, 242 pages

***½

Témoignant qu'un chef-d'oeuvre ne se crée pas ex-nihilo, et que chaque étape préparatoire est fondamentale, c'est à travers le prisme de leurs story-boards que Fionnuala Halligan a choisi de commenter 43 monuments du Septième art. Critique de cinéma londonienne de solide réputation, Mme Halligan se penche ici sur «des oeuvres qui vont bien au-delà d'une simple BD» et des artistes qui, explique-t-elle, «s'aventurent très loin dans le processus cinématographique».

Depuis les esquisses anguleuses d'Autant en emporte le vent (1939) (dont on apprendra que leur auteur, le chef décorateur William Cameron Menzies a aussi réalisé quelques scènes du film) jusqu'aux estampes poétiques - pourtant réalisées à l'ordinateur - de The Crossing (2014) de John Woo (réalisateur qui a longtemps préféré se dispenser de story-board, lui qui préférait chorégraphier librement ses plateaux), l'auteur propose un voyage (relativement) chronologique, tout en donnant un aperçu de la diversité des approches et des styles dessinés. On découvre ainsi les fusains angoissants des Oiseaux d'Hitchcock, les croquis saisissants du Labyrinthe de Pan de Del Toro, les vignettes méticuleusement détaillées du Caravaggio de Derek Jarman, ou les traits grossiers mais efficaces de Raging Bull... griffonnés par Martin Scorsese lui-même.

Pour varier les plaisirs, un des neufs chapitres est consacré à L'âge d'or hollywoodien (Le grand sommeil; La fureur de vivre, etc.); un autre porte sur Le renouveau du cinéma américain, entre autres caractérisé par La guerre des étoiles, Apocalypse Now, ou The Crow (dont les noirs et blancs funestes, déjà, hantent l'esprit... mais dont les dessins sont apocryphes); un troisième est dédié au film d'animation (Roger Rabbit en fer de lance), milieu où l'on fait régulièrement appel à de grosses équipes d'une trentaine de storyboardeurs - car les dessins-animés, détaille Mme Halligan, tendent à avoir «une structure différente des films en prises de vue réelles». Le chapitre traitant des «grands excentriques» du cinéma britannique est particulièrement intéressant. On s'y penche sur les délires visuels que sont Brazil et le Baron de Münchhausen de Terry Gilliam (auteur des ses propres dessins) et The Boy Friend de Ken Russell.

Les analyses et commentaires qui encadrent ces images sont parfois assez pointus. Intéressants pour le grand public, mais véritablement passionnants pour les seuls cinéphiles érudits. La sélection proposée est la plus internationale possible, bien que de très nombreux films retenus soient britanniques. L'auteure se justifie en rappelant, en préambule, que déterrer de tels documents fut plus ardu qu'il n'y paraît, notamment parce que les story-boardeurs détiennent rarement les droits de leur création, et que nombre de trésors dorment dans des cartons, on ne sait trop où.

Yves Bergeras

Le grand livre du yoga

Swami Vishnuvananda

Le courrier du livre, 400 pages

***

Le yoga a le vent en poupe. Revisité pour satisfaire un large public, il se décline désormais en de multiples pratiques, plus ou moins respectueuses des principes fondamentaux de cette discipline millénaire d'origine indienne.

Pour ceux qui s'intéresseraient à la philosophie derrière les exercices enseignés dans les centres, Le grand livre du yoga offre un approfondissement très éclairant des principes de base. Swami Vish-nuvananda rappelle qu'une vie simple et une pensée élevée sont les deux piliers de cette autodiscipline où le contrôle des capacités physiques et mentales peut mener loin. Preuve à l'appui, avec la toute première photographie du livre qui illustre la purification du tube digestif par ingestion d'un ruban de tissu... Cette entrée en matière visuelle peu ragoûtante dessert la suite de l'ouvrage qui n'a rien (ou si peu) d'extrême à exposer.

Du nettoyage du corps physique à la découverte du corps astral, Le grand livre du yoga fait le pari d'une approche complète qui n'omet pas, non plus, les aspects les plus ésotériques intrinsèques à la discipline. Selon son degré d'avancement, ses problèmes de santé et sa curiosité, le lecteur y puisera de précieux conseils pour évoluer dans sa pratique. Le yogi confirmé trouvera certainement plus son compte que l'élève débutant. Mais tous y verront matière à réflexion sur leur style et hygiène de vie pour, sinon parvenir «à la santé, au bonheur et la paix éternelle», au moins découvrir des exercices de relaxation et de respiration aux bienfaits immédiats.

Maud Cucchi

Une fenêtre sur le monde - Les couvertures inoubliables

Mark Collins Jenkins

National Geographic, 384 pages

***

Avec son regard vert qui transcende les années, Sharbat Gula (l'iconique «jeune Afghane», photographiée en 1985 par Steve McCurry) refait la «une» de ce livre justement consacré aux couvertures du National Geographic depuis la première publication du célèbre magazine en 1888.

Des entrelacs de feuilles de chênes, glands et couronnes de laurier au fameux cadre jaune aisément reconnaissable, la présentation du magazine a plus ou moins changé au fil du temps - non sans chambouler les repères de quelques lecteurs, surtout lors du passage de la publication de la table des matières en couverture à l'illustration par une photographie du sujet principal, en septembre 1959.

Des années 1960 à janvier 2015, des dinosaures et civilisations d'hier (l'Égypte antique a, à elle seule, fait la manchette à 15 reprises depuis mai 1965) à l'espace et aux défis climatiques d'aujourd'hui, des animaux sauvages aux hommes, femmes et enfants des quatre coins de la planète, on replonge ici dans les nombreux thèmes explorés, cultures revisitées, pays remis au coeur de l'actualité, par le biais des «unes» les plus marquantes d'une année à l'autre.

Ici et là, des doubles pages attirent brièvement l'attention sur Un sujet, plusieurs unes (sur le Vietnam, l'alpinisme, nos ancêtres, etc.), ou encore une frise du temps rappelle les grands changements survenus (politiques, sociaux, technologiques...) pendant la décennie concernée. Si elle ne s'avère pas essentielle, cette Fenêtre sur le monde s'ouvre quand même avec bonheur. 

Valérie Lessard

Libres - Histoires de motos

Franco Nuovo et Laurence Labat

Les Éditions La Presse, 232 pages

***

Pour eux, rouler à moto est synonyme de liberté, de grands espaces, mais aussi d'entretien minutieux, de relations fusionnelles avec leur monture. Bref, qu'ils la chevauchent ou la bichonnent, qu'ils en apprécient les courbes ou les vitesses de pointe, moto rime avec passion.

Eux, ce sont entre autres Anik Jean, David La Haye, Éric Lapointe, Sophie Thibault, et des mécaniciens ou commerçants spécialisés. Que deux autres amoureux de la moto, Franco Nuovo (aux textes, dont les questions deviennent vite redondantes) et Laurence Labat (en photos, léchées, bien que parfois répétitives, elles aussi), ont suivi sur les routes et chemins de traverse, dans leur boutique et garage, afin de mieux cerner cette passion qu'ils partagent pour ce qui s'apparente bien plus à un mode de vie qu'à un banal moyen de transport. 

Valérie Lessard

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