David Suzuki: leçons de vie

David Suzuki... (Le Soleil, Yan Doublet)

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David Suzuki

Le Soleil, Yan Doublet

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David Suzuki, généticien et écologiste engagé, s'est imposé comme un penseur majeur de la cause environnementale en Amérique du Nord. On le connaît surtout pour avoir animé l'émission de télévision The Nature of Things. Dans Lettres à mes petits-enfants, traduit par Danièle Blain aux éditions Boréal, il transmet à chacun de ses six petits-enfants des réflexions qui lui tiennent à coeur. Sur l'histoire de leur famille, sur ses engagements militants, sur l'avenir de la planète. Un livre aux accents testamentaires, qui, loin d'être passéiste, invite tout lecteur à méditer sur ses choix de vie.

Sans rien entamer de sa légende, cette correspondance nous révèle avec certitude que ce rêveur magistral fut aussi un scientifique soucieux de la diffusion du savoir, scrupuleux quant à la réalisation de ses multiples projets et conscient de travailler pour l'avenir.

Chaque lettre répond à un thème directeur - tantôt vaste, tantôt très personnel quand il évoque notamment le racisme auquel la communauté japonaise a été victime au Canada, durant la Seconde Guerre mondiale.

On l'apprend dès les premières pages: sa démarche naît d'un manque, celui de n'avoir jamais pu communiquer avec ses propres grands-parents. Eux parlaient japonais, lui anglais. Vient désormais son tour, alors qu'il entame la dernière phase de sa vie, de partager ses priorités, ses choix et ses motivations pour inciter le lecteur à réfléchir sur ce qu'il souhaite transmettre. Car tous les scientifiques le prévoient: il y a péril en la demeure...

En s'adressant à ceux qui lui sont chers, David Suzuki se montre plus libre, plus fantaisiste et plus sincère. Il émaille ses phrases de termes de tendresse - «mes très chers», «mes précieux petits-enfants», «mes trésors» - n'hésite pas non plus à témoigner sa fierté de voir sa descendance engagée dans divers projets (dont il participe d'ailleurs à la promotion).

On sent beaucoup de compassion, de douceur et de curiosité pour les autres sous la plume de ce militant écologiste. Avec toujours une tendresse bienveillante grâce à laquelle il parvient à responsabiliser sans culpabiliser, David Suzuki n'hésite pas à fustiger la vie urbaine moderne, à rappeler l'importance de sortir prendre l'air et renouer avec la nature.

La limpidité de son écriture, efficace, sans fioritures, emporte d'emblée l'adhésion. À travers ces lettres, le généticien écologiste a composé une saga universelle, sensible et émouvante.

Boréal, 272 pages ****

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