Le sixième sommeil:Un bon cru Werber

N'allez pas lui dire que son livre est soporifique, Bernard Werber le prendrait... (Photo: André Pichette, La Presse)

Agrandir

Photo: André Pichette, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

N'allez pas lui dire que son livre est soporifique, Bernard Werber le prendrait comme le plus beau des compliments! Loin de s'assoupir, on embarque sans résistance dans ses nouvelles pérégrinations à la frontière de la recherche scientifique, du sommeil et de la science-fiction. Un bon cru Werber, richement orné d'un imaginaire captivant, et qui laisse place à la réflexion du lecteur. Accommodée avec humour, la recherche y apparaît pour ce qu'elle est, aussi: un domaine sérieux où règne la surprise, voire la fantaisie.

Caroline Klein est neurophysiologiste spécialiste du sommeil. Elle-même victime de somnambulisme, cette chercheuse réputée anime des conférences très prisées, apprend à son fils Jacques à contrôler ses rêves et mène dans le plus grand secret une étude qui révolutionnerait sa discipline: la découverte d'une sixième phase, au-delà du sommeil paradoxal, au plus profond de l'inconscient.

Alors qu'elle effectue ses premiers essais sur l'être humain, l'expérimentation tourne mal et son projet avorte. Brutalement, la chercheuse disparaît. Jacques Klein reçoit dans ses rêves les messages d'un mystérieux alter-ego plus âgé que lui. Sa mère est en danger, il doit aller la sauver en Malaisie, chez le peuple des Sénoïs dont la culture est fondée sur le sommeil. L'étudiant en médecine entreprendra un voyage initiatique à la découverte de l'activité onirique, entre rêve éveillé et situations cauchemardesques.

Sans tomber dans l'écueil du doute cartésien («suis-je certain de ne pas rêver?», un poncif en fiction), Bernard Werber brode rêveusement sur le thème du sommeil. Avec les aiguilles de la psychanalyse, qui replonge dans l'enfance, celles de la science, qui peut être utilisée à mauvais escient, ou encore du futurisme, qui imagine un cinéma merveilleux où l'on projetterait ses songes. Comme si le romancier avait voulu célébrer le rêve, avec ses débordements, ses glissements, ses ruptures, sa fantaisie, sa fluidité, son inachèvement.

Le tableau introspectif vaut à lui seul le voyage, et aura le mérite de nous éveiller à un sujet primordial, puisque nous passons un tiers de notre vie à dormir.

Albin Michel, 416 pages ****

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer