Kiera Cass, une carrière digne d'un conte de fée

Kiera Cass n'avait pas prévu qu'en mettant au... (Olivier Pontbriand, Archives La Presse)

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Kiera Cass n'avait pas prévu qu'en mettant au monde les jumeaux Eadlyn et Ahren par sa plume, elle finirait par accoucher de L'Héritière, premier volet d'un diptyque.

Olivier Pontbriand, Archives La Presse

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Il flotte un parfum de conte de fée sur la carrière de Kiera Cass, qui se plaît à écrire des «histoires d'amour», d'abord et avant tout. Ce qui ne l'empêche pas de faire éclore les passions dans les corridors d'un palais menacé par les rebelles d'un pays divisé en castes. Avec pour résultat que La Sélection, sa trilogie à saveur romantico-dystopique à cheval entre The Bachelor et Hunger Games, a été vendue à plus de six millions d'exemplaires.

Avec les trois premiers tomes de La Sélection, l'Américaine de 34 ans croyait avoir mis un point final aux histoires de coeur et de cour de la famille royale d'Illeá.

Le prince Maxon avait, envers et contre son père, choisi America comme épouse, après avoir «fréquenté» 35 prétendantes, en plus de trouver un terrain d'entente avec les rebelles pour rétablir l'espoir et la stabilité au sein de son futur royaume, grâce à la présence d'America à ses côtés.

«Comme les fans de la série voulaient savoir ce qui arrivait à America et Maxon ensuite, j'ai accepté d'écrire une novella, pour les combler...»

Kiera Cass n'avait pas prévu qu'en mettant au monde les jumeaux Eadlyn et Ahren par sa plume, elle finirait par accoucher de L'Héritière, premier volet d'un diptyque. «En fait, je m'étais dit que, pour cette courte histoire, j'écrirais du point de vue masculin... confie la principale intéressée. C'est donc le personnage d'Ahren qui m'est venu en tête en premier.»

C'était sans compter la personnalité de sa soeur... qui a chamboulé les plans de l'auteure et décoiffé Ahren de sa couronne en naissant sept minutes avant lui, en bout de ligne. Tout ça parce qu'Eadlyn avait laissé entendre à Kiera Cass de quel bois elle se chauffait.

«Mes parents n'ont pas supporté l'idée que leur fille aînée ne puisse pas régner à cause d'une malheureuse - mais adorable - paire de seins», raconte d'entrée de jeu ladite Héritière.

«Eadlyn avait trop de caractère pour jouer un rôle secondaire dans l'histoire, explique Mme Cass. Et puis, en faire celle qui, 20 ans après le mariage de ses parents, allait vivre sa propre Sélection ouvrait de nouvelles perspectives féminines sur plusieurs enjeux.»

Car Illeá est de nouveau aux prises avec la grogne populaire, et ce, malgré l'abolition des castes et les possibilités présumément offertes à tous. Afin de distraire le peuple en attendant de trouver des solutions à long terme aux insatisfactions exprimées aux quatre coins du pays, Maxon et America décident donc d'organiser une Sélection, au terme de laquelle Eadlyn devrait choisir parmi 35 jeunes hommes celui qui règnera avec elle.

Or, une femme doit-elle absolument avoir un homme à ses côtés pour pouvoir diriger en toute légitimité? Peut-elle s'affirmer et prendre des décisions tranchées sans qu'on remette en cause sa capacité de jugement ou qu'on la considère comme trop dure? Autant de questions qu'Eadlyn soulève, non sans raison.

«Si par féministe, vous entendez une femme qui réclame les mêmes droits et possibilités d'avancement qu'un homme, alors Eadlyn est sans contredit une féministe!»

Une féministe qui exerce son pouvoir par les mots et les gestes qu'elle pose, et non par la force.

«À mes yeux, une femme n'a pas besoin de savoir se battre, ni de développer des attributs masculins pour faire preuve de sa force!»

Ainsi, alors que 35 soupirants (qui ne sont pas tous là pour les bonnes raisons, loin s'en faut) débarquent au palais pour conquérir le coeur d'Eadlyn, Kiera Cass aborde par la bande d'autres thèmes tout aussi pertinents.

Une femme peut-elle embrasser plus d'un homme sans être pour autant perçue comme vulgaire? Doit-elle à tout prix se marier pour donner un sens à sa féminité? Et sur quel ton doit-elle dire non pour que son refus soit entendu?

«J'avais déjà lu, sur un site de rencontres consulté dans le cadre de mes recherches, un sondage mentionnant que lors d'un premier rendez-vous avec une inconnue, les hommes craignent plus que tout de se retrouver devant une femme laide ou grosse. À la même question, une majorité de femmes avait répondu que leur plus grande peur était de faire face à un homme violent, voire d'être agressée... C'est pour ça que Jack existe, dans le roman...»

Jack qui s'en prendra à Eadlyn, dans une scène que Kiera Cass admet d'ailleurs avoir eu beaucoup de difficulté à écrire.

«Certains auteurs auraient sûrement été plus loin, mais j'en étais pour ma part incapable: c'était ma limite, et je l'ai respectée», fait-elle valoir, convaincue d'avoir du même coup respecté ses lectrices.

Entre l'attachant Henri (qui a besoin de son fidèle traducteur Erik pour se faire comprendre, y compris de l'auteure: «Même dans ma tête, il s'exprime en finnois, Henry!» lance Kiera Cass en riant) et Kile (l'«ennemi» d'enfance qu'Eadlyn découvre sous un nouveau jour), Ean (qui pourrait représenter la solution «raisonnable» à son dilemme) et Hale (qui n'aspire qu'à lui faire plaisir), Eadlyn continuera de chercher sa place dans un cinquième et dernier tome à paraître l'an prochain.

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