La nostalgie charmante de La Petite Patrie

Avec La Petite Patrie, la bédéiste montréalaise Julie Rocheleau est... (André Pichette, Archives La Presse)

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Avec La Petite Patrie, la bédéiste montréalaise Julie Rocheleau est revenue à quelque chose de plus doux et de plus proche d'elle.

André Pichette, Archives La Presse

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Après s'être plongée avec succès dans le Paris des années 1900, en revisitant le personnage de Fantômas dans une trilogie d'aventures publiée chez Dargaud, la bédéiste montréalaise Julie Rocheleau est revenue à quelque chose de plus doux et de plus proche d'elle.

Son album La Petite Patrie, parue ce mois-ci sous le sceau de La Pastèque, entraîne le lecteur dans l'oeuvre éponyme de Claude Jasmin en colligeant quelques-uns de ses souvenirs de gamin, au début de la Deuxième Guerre mondiale.

Issue de l'école du dessin animé, Julie Rocheleau avoue qu'elle «ne connaissait pratiquement rien en BD» - sinon qu'elle «en lisait» - avant de publier, en 2010, La fille invisible (Glénat Québec). Son intuition la sert: cette BD traitant d'anorexie adolescente sera maintes fois primée, tout comme La colère de Fantômas par la suite.

L'auteure, qui «aimait beaucoup les récits de Claude Jasmin, son univers», a pu renouer avec le scénariste Normand Grégoire, avec qui elle avait prévu de signer une BD historique portant sur l'histoire du cinéma. Une tentative de collaboration avortée... mais pas infructueuse. Car, bien que les éditeurs européens à qui elle avait envoyé quelques planches d'«essai» de ce projet commun aient décliné l'offre, elles ont tapé dans l'oeil de Dargaud, qui lui a aussitôt confié la série Fantômas.

Désir de simplicité

«J'ai eu beaucoup de plaisir à faire cette série, qui m'a d'ailleurs permis de faire mes classes en BD, mais après trois albums, j'avais vraiment envie de quelque chose de différent. De revenir à quelque chose de plus calme, plus sensible, plus lumineux. [...] J'avais besoin d'un projet plus gentil.»

Car après s'être passablement «cassé la tête» avec la mise en page de «scènes d'action et de poursuites» prolongées, Julie Rocheleau voulait surtout «quelque chose de plus simple, tant dans le découpage que le rendu». «Et puis, c'est plus difficile de m'identifier à un gros policier parisien moustachu de 1911 qu'à des gens ordinaires qui habitent dans mon quartier», explique en riant celle qui, pour y résider, connaît fort bien La Petite Patrie. Dont le décor de «n'a pas beaucoup changé» depuis, ce qui facilite le repérage.

Mais elle voulait à tout prix éviter l'hommage superflu. «Les romans de Claude Jasmin sont déjà très imagés. Grâce aux mots qu'il choisit, on voit très bien ce qu'il raconte. Cela avait-il besoin d'être adapté en BD?» s'est inquiétée l'illustratrice. 

«Le défi c'était de rendre ça [l'adaptation] légitime, et de ne pas se contenter de "décorer" une histoire qui est déjà parfaite telle quelle.» Pas question de «se contenter de remâcher». Ni de «tomber dans la sensiblerie».

Gamins espiègles, jeux de guerre innocents, éducation religieuse stricte et esprit de quartier sont ici ressuscités dans une palette de couleur délibérément dépouillée... «Sa» Petite Patrie respire la fraîcheur, la spontanéité et la nostalgie. Et l'expressivité de son trait de crayon remplit tous les intervalles que crée notre imagination.

Graphiquement parlant, Julie Rocheleau confirme notre sentiment qu'elle est l'auteure québécoise (tous genres confondus, masculin inclus) la plus importante de sa génération, et de loin.

Invitée à Gatineau

Julie Rocheleau est une des invités d'honneur du 13Rendez-vous de la BD de Gatineau (RVBDG), qui se tient depuis vendredi à la Maison du citoyen.

Elle participera à plusieurs séances de dédicaces, tout au long du week-end, ainsi qu'à une session de dessin en direct, samedi à 13h30, et à un atelier d'«Impro BD» sur le thème des Fêtes, en compagnie de Bado, Éric Péladeau et Catherine Parent, dimanche à 11h30.

À titre d'illustratrice de livres jeunesse, elle vient de publier deux ouvrages au Quartanier, Tommy l'enfant-loup et Le deuxième étage de l'océan.

Pour y aller

Quand? Jusqu'à dimanche

Où? Maison du citoyen

Renseignements: www.rvbdg.ca

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