What a Wonderful World!: l'actu selon Zep **1/2

Le DroitYves Bergeras 2/5

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Quand Zep, le créateur de Titeuf se penche «sur l'actualité sociopolitique de son nombril», ça donne What a Wonderful World!, un recueil de dessins (ou planches de dessins, plus précisément) à travers lesquels le bédéiste suisse «s'interroge sur la vanité des choses et s'engage pour un monde plus juste, sans guerre, sans peur de l'étranger et sans choux de Bruxelles». Un lecteur informé en vaut deux.

Mais Zep - qui signe aussi un blogue sur le site du quotidien français Le Monde - ne fait pas dans le dessin de presse à proprement parler: son journal de bord très personel ne colle à l'actualité que de façon assez éloignée.

Il saute du coq à l'âne, imagine le selfie à travers l'histoire (sous la guillotine, par exemple), revisite le nucléaire à travers le prisme des super-héros, s'amuse à relever les incohérences des films de science-fiction, adresses quelques clins d'oeils aux personnages de BD et de la culture populaire. Ce n'est pas plus hilarant qu'homogène.

Le lecteur devra faire son deuil de tout fil conducteur ou thématique, ce qui nous a paru dommage, et peut-être même un signe qu'il est tombé dans la facilité, en ne prenant guère le temps de sélectionner ou d'organiser les choses.

On retrouve l'esprit des précédents ouvrages de Zep destinés aux adultes. Mélomane notoire, Zep se penche ici sur la mort de BB King, fait part de sa complicité fantasmée avec JJ Cale et partage sa passion pour Bob Dylan. Voilà qui est réminiscent de Happy Rock.

L'auteur jeunesse, trop heureux de profiter de cet espace adulte, retourne jouer dans les plates-bandes de Happy Sex, en donnant libre cours à ses envies de dessiner des pénis. Mais même sans excès de vulgarité, les «blagues de bites» sont un peu trop récurrentes pour un ouvrage qui nous laissait présager davantage de réflexion.

Certes, le bouquin n'est pas dénué de bons flashes, notamment lorsque Zep aborde la religion et ses frictions (autre sujet récurrent, souvent traité avec tact, Zep penchant plus du côté de l'absurde «existentiel» que de la dérision) ou lorsqu'il compare les moeurs humaines à celles des sociétés animales.

Nos préférées? La sieste de protestation contre les bombardements en Syrie; la réponse simiesque de Zep à la question «c'était mieux avant... mais avant quand?»; ou le «jardin d'enfants de l'humanité» où les gamins, réunis en Conseil de sécurité négocient un accord sur le nucléaire.

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What a Wonderful World!, de Zep

176 pages, Delcourt

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