Astérix à l'heure de Wikilix ***1/2

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Le DroitMaud Cucchi 3/5

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Le nouvel Astérix est arrivé!

À peine arrivé sur nos bureaux, Le Papyrus de César fut l'objet de toutes les convoitises.

Bado, notre caricaturiste, lorgnait déjà sur la couverture. La BD entamée, ce fut le défilé des exclamations parmi les employés du journal. Impossible de lire paisiblement les aventures de nos irréductibles Gaulois. «On ne m'a jamais rendu Astérix chez les Pictes», me met en garde le collègue à qui j'avais subrepticement subtilisé l'exemplaire du Papyrus de César, justement.

Engouement général justifié? En grande partie, oui. D'abord, il y a ce plaisir quasi-enfantin de retrouver le village de nos Gaulois préférés, comme un paysage que l'on connaît par coeur, avec ses reliefs attendus et sa folie irrésistible.

Le chef Abraracourcix se fait toujours rabrouer par sa femme Bonemine, le barde Assurancetourix n'a fait aucun progrès musical tandis que les velléités belliqueuses de tous restent au beau fixe. Comme le précédent, ce 36e album s'inspire de son temps même si le sujet demeure intemporel: la réécriture de l'histoire.

Rentrée littéraire à Rome: c'est l'événement, César publie sa biographie. Son conseiller en communication Promoplus lui fait remarquer que le chapitre «Revers subis face aux irréductibles Gaulois» pourrait tout bonnement être écarté. Sa légende ne s'en porterait que mieux. Mais voilà qu'un «scribe numide» (nègre littéraire) s'est enfui avec le chapitre compromettant. L'information parvient jusqu'à l'oreille du journaliste Doublepolémix - un cousin blondinet de Julien Assange - à l'affût du moindre scoop.

Ni une, ni deux, ce correspondant à Rome part informer «les irréductibles» du piteux sort biographique que leur réserve César.

«On ne laisse pas traîner une affaire qui va faire trembler tout l'empire!» hurle le chef gaulois sur son bouclier, bien décidé à en découdre avec le pouvoir romain. Crac! Plaf! Pif! Clac!

Obélix n'est pas de très bonne humeur, ces temps-ci, son horoscope lui préconise un régime sans sanglier. Sans surprise, la garde romaine pâtira de l'«oubli» biographique.

Que reste-t-il d'une légende si celle-ci n'est pas immortalisée dans les livres? Les héros de Goscinny et d'Uderzo sont bien placés pour le savoir, à qui les (trop?) fidèles successeurs Jean-Yves Ferri et Didier Conrad rendent hommage. Pour ceux qui en douteraient encore, la dernière planche de l'ouvrage en fait le dessin. Le Papyrus de César détient quelques bonnes idées, quelques bons jeux de mots, mais l'on regrette que l'auteur Jean-Yves Ferri ait arrêté son hilarante série des De Gaulle pour ne se consacrer qu'à Astérix... Légende, quand tu nous tiens!

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Le Papyrus de César, de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad

Éditions Albert René, 48 pages

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