Marie-Renée Lavoie, entre rires et émotions

La romancière Marie-Renée Lavoie... (André Pichette, La Presse)

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La romancière Marie-Renée Lavoie

André Pichette, La Presse

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Marie-Renée Lavoie aime que des enfants soient les narrateurs de ses histoires. L'auteure de La Petite et le vieux et la «mère» de Zazie, sa toute nouvelle héroïne, ne parlent pas de choses enfantines pour autant, dans ses romans, qu'ils s'adressent aux adultes ou aux adolescents.

Ainsi, dans le premier tome des (més)aventures mettant en vedette Isabelle, affectueusement surnommée Zazie, «enfant diluée» dans une «belle grosse famille» de cinq enfants, elle traite d'intimidation et d'amitié, de mort et d'un premier amour, de séparation et... de l'importance d'avoir un cellulaire quand on a «treize ans et trois quarts».

«Zazie m'est apparue après une petite sieste», laisse entendre Marie-Renée Lavoie dans un éclat de rire.

Et, surtout, après une «suggestion» de son éditrice, qui la voyait bien écrire pour les ados, dans la foulée de son truculent roman jeunesse La Curieuse Histoire d'un chat moribond (Hurtubise, 2014). Notamment parce que l'auteure maîtrise une plume aussi sensible que pleine d'esprit et d'humour, capable de faire naître des arcs-en-ciel sur les joues de ses lecteurs, entre émotions vives et rire aux éclats - et ce, souvent dans un même chapitre.

«C'est comme si elle m'avait mise au défi et que je m'étais prise au jeu, finalement! Parce que plus je me rapprochais du point final de Ça va être correct, plus je trouvais ça triste de laisser aller Zazie et les siens», raconte l'auteure, qui a déjà jeté les bases du troisième tome de sa série.

Famille sous tension

La Zazie en question est donc née au sein d'une joyeuse famille comptant ses parents (qui, selon elle, n'ont absolument rien compris au modèle «traditionnel» d'un père, une mère et deux enfants), trois soeurs et un petit frère.

«Pour moi, il était clair qu'elle faisait partie d'une famille nombreuse... peut-être parce que j'ai moi-même trois soeurs! Je voulais jouer avec cette tension que permet un clan élargi. Et puis, en faisant d'elle l'aînée, ça lui donnait la maturité dont j'avais besoin pour qu'elle puisse raconter sa vie.»

En contrepartie, sa meilleure amie, Ophélie, est enfant unique, «comme ma propre fille de neuf ans, qui me le reproche souvent, d'ailleurs!»

Dans Ça va être correct, Zazie entame donc sa deuxième année au secondaire aux côtés d'Ophélie (avec qui elle a noué des liens indéfectibles dans de drôles de circonstances lors d'un certain camp d'entraînement de basketball). Mais aussi face au fameux Clan des leggings.

«Il faut des ancrages, que ce soit dans ce qui les allume et les 'écoeure', pour que les jeunes se reconnaissent dans ce qu'on écrit pour eux.»

Aujourd'hui, observe-elle, il s'avère difficile, voire impossible, de ne pas inclure cellulaire, Internet et réseaux sociaux dans une histoire, surtout si elle s'adresse aux jeunes lecteurs.

«Il est aussi difficile de faire d'une polyvalente un des 'décors'de l'action de son roman sans parler d'intimidation. Je me sentais pourtant dans mes petits souliers d'aborder ce sujet aux conséquences graves, souvent tragiques. Je ne voulais pas tomber dans le trop dramatique, pas plus que je ne voulais donner l'impression de banaliser le phénomène. Passer par la mode m'a semblé une bonne manière d'y arriver, en fonction du ton de mon écriture.»

Apprivoiser la mort

Idem avec la mort, qui passe ici par le deuil de Patate, le vieux matou de la famille («Il semble bien que j'aie de la misère à ne pas mettre en scène un chat ou plusieurs dans mes livres!»). Et par le fait que Zazie devient lectrice dans un centre pour personnes âgées (Marie-Renée Lavoie en profite justement pour glisser quelques titres qui l'ont marquée, tel Le Vieil Homme et la mer d'Hemingway).

«Je lui fais vivre de petites fins du monde, mais à mes yeux, Patate et son bénévolat sont des manières douces d'approcher la mort, de pouvoir l'apprivoiser et d'exprimer certaines émotions.»

Pour contrebalancer, Zazie fera également la rencontre du beau Palmolive (Jean-Guy de son vrai nom), qui fera naître chez elle papillons dans l'estomac, palpitations du coeur... et quelques savoureuses réflexions sur les prénoms choisis par certains parents pour leurs enfants.

«Ah! le beau Palmolive! Il va falloir attendre le deuxième tome pour savoir ce qui va se passer, ou pas, avec lui!» s'exclame Marie-Renée Lavoie, mutine, à l'autre bout du fil.

Déjà terminée, la suite de Ça va être correct devrait atterrir en librairies au printemps prochain. Quant au troisième tome, il est en chantier.

«J'aimerais bien amener Zazie jusqu'au cégep, si les lecteurs sont au rendez-vous», soutient celle qui, pour le moment, est toutefois en train d'écrire son prochain roman pour adultes.

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