Le Nobel de littérature remis à Alexievitch

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L'écrivaine et journaliste Svetlana Alexievitch à sa sortie d'un point de presse hier à Minsk, après avoir appris la bonne nouvelle.

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Associated Press

L'écrivaine bélarussienne Svetlana Alexievitch a remporté jeudi le prix Nobel de littérature, pour une oeuvre que les juges ont qualifié «d'hommage à la souffrance et au courage».

La femme de 67 ans a utilisé l'art journalistique pour faire la chronique des grandes tragédies de l'Union soviétique et de son implosion: la Deuxième Guerre mondiale, la guerre soviétique en Afghanistan, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et les suicides qui ont suivi l'effondrement du communisme.

La secrétaire permanente de l'académie Nobel, Sara Danius, a décrit Svetlana Alexievitch comme étant une grande écrivaine novatrice, qui a su décrire l'âme du peuple soviétique et post-soviétique.

«Elle nous offre du matériel historique nouveau et intéressant et elle a développé un style d'écriture bien à elle, de même qu'un nouveau genre littéraire, a-t-elle déclaré à l'Associated Press. Elle a déclaré plusieurs fois: «Je ne suis pas intéressée par les événements, je suis intéressée par l'histoire des émotions», et c'est ce qui l'a tenue occupée au cours des 40 dernières années.»

Comme plusieurs intellectuels de son pays, l'écrivaine appuie les adversaires politiques du président Alexandre Loukachenko, qui cherchera à se faire réélire dimanche. À cause de ses critiques du gouvernement, elle a parfois vécu à l'étranger, dans différentes villes européennes, mais elle réside aujourd'hui à Minsk, la capitale du Bélarus.

Svetlana Alexievitch a confié à l'Associated Press qu'elle n'avait pas encore reçu les félicitations du président, qu'elle a critiqué sans vergogne pendant plusieurs années.

«Il sera intéressant de voir ce qu'il fera dans cette situation», a-t-elle avancé.

Son premier roman, La guerre n'a pas un visage de femme, publié en 1985 et inspiré par l'histoire inconnue de femmes qui ont lutté contre les Nazis, s'est vendu à plus de deux millions de copies.

Ses livres ont été publiés dans 19 pays. Elle a aussi écrit trois pièces de théâtre et les scénarios de 21 documentaires.

En entrevue à la télévision suédoise, la lauréate a affirmé que la Bourse de 8 millions de couronnes suédoises (1,26 million $ CAN) associée au prix lui permettrait d'écrire davantage.

«Je ne ferai qu'une chose: je m'achèterai la liberté. Il me faut beaucoup de temps pour écrire mes livres, de cinq à 10 ans, a-t-elle expliqué. J'ai deux idées pour de nouveaux livres», a-t-elle dit.

Le prix Nobel de la paix sera décerné vendredi et celui en économie, lundi.

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