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Sur la piste québécoise de Louis-Ferdinand Céline

L'auteur Jean Louis Fleury... (Courtoisie)

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L'auteur Jean Louis Fleury

Courtoisie

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Quand le mystère entourant les passages de l'écrivain Louis-Ferdinand Céline au Québec s'est mis à titiller l'imaginaire de Jean Louis Fleury, ce dernier n'a pas eu le choix: il a dû plonger l'agente spéciale Aglaé Boisjoli dans une nouvelle enquête.

L'Affaire Céline la mènera de Montréal jusqu'en Outaouais, lancée qu'elle est sur la piste d'un éminent biographe français du controversé Céline, le professeur Kahn, retrouvé mort dans une voiture incendiée au Crique-à-la-Roche, non loin de Ripon, deux jours après son passage à Tout le monde en parle.

«Céline, reconnu pour ses propos antisémites féroces mais sauvé par la qualité de son écriture, est devenu un prétexte pour étoffer une intrigue que j'ai ensuite cherché à rendre le plus crédible possible, raconte M. Fleury. Aglaé, elle, est du coup devenue mon vecteur pour tenter d'y voir clair dans toute cette affaire.»

Jean Louis Fleury savait déjà que celui à qui on doit notamment Voyage au bout de la nuit avait effectué de courts séjours au Québec en 1925, puis en 1938. Envisage-t-il alors de venir s'établir de ce côté-ci de l'Atlantique? Y retrouve-t-il des membres de la pègre française précédemment croisés à Londres? Y entretient-il des liens avec Adrien Arcand et d'autres figures de l'extrême droite de la Belle Province? Quelles femmes «honore»-t-il lors de ces passages? Et qui est d'ailleurs cette rousse dont Céline s'enquiert auprès de Victor Barbeau, lors d'une soirée à Montréal, en 1938?

«C'est justement ce qu'on ne sait pas qui devient intéressant!» clame gaiement Jean Louis Fleury.

Entre le plausible et le solidement documenté

Ce dernier était déjà en train de relire toute l'oeuvre de Céline par plaisir quand il est tombé «par le plus heureux des hasards» chez un bouquiniste sur un livre d'Auguste le Breton datant de 1973 et intitulé Les Pégriots. Si l'histoire romancée du truand français Georges Hainneaux l'intéresse, c'est encore plus la découverte qu'il y fait du personnage de Joe le Tatoué, parti de Londres pour s'établir à Montréal dans les années 20, qui enflamme son imagination.

«Les psychopathes et autres tueurs en série ne courant pas les rues, et encore moins dans mes romans, le plus difficile demeure toujours pour moi de trouver un assassin plausible.»

Jean Louis Fleury
romancier

«Il s'avérait fort plausible que Céline ait pu rencontrer cet homme à Londres pour renouer avec lui à Montréal ensuite.»

En se lançant dans son projet, celui qui a longtemps oeuvré dans le domaine des communications (notamment en tant que journaliste) en plus d'être historien de formation était conscient de voguer dans des eaux malgré tout bien balisées dans l'espace-temps. Il le faisait par ailleurs sous les regards acérés de nombreux «passionnés» et spécialistes ès Céline, tel le Québécois Pierre Lalanne - que M. Fleury n'a pas hésité à consulter... et à mettre en scène dans son roman.

L'auteur devait donc «planter» certains personnages fictifs (comme cette mystérieuse rouquine, dont il fait presque une émule de Mata Hari), de même que certains éléments solidement documentés (sur l'extrême droite au Québec), pour que tout se tienne.

«Les psychopathes et autres tueurs en série ne courant pas les rues, et encore moins dans mes romans, le plus difficile demeure toujours pour moi de trouver un assassin plausible.»

Pour justifier les gestes de son coupable, Jean Louis Fleury a étayé les pistes qu'il voulait explorer.

Au fil de son enquête, Aglaé Boisjoli entre ainsi en contact avec la famille d'un mafioso de Laval, un ancien nettoyeur de tranchées («J'ai connu un tel feu follet terrifiant.») et le milliardaire philanthrope Antoine Khalil, propriétaire d'un impressionnant domaine au nord du lac Meech et «inspiré directement de Georges Soros», dont les dons et prises de position politiques font l'objet d'opprobe souvent virulente sur Internet.

Dans les coulisses de son enquête, quelques intrigants personnages tirent aussi des ficelles, donnant à Aglaé Boisjoli l'irritante impression d'être manipulée.

«J'ai toujours été interpellé par ceux qui, hors de tous les cercles, exercent ce qu'ils considèrent être leur droit de tuer qui ils veulent, comme dans les dernières pages de La Petite Fille au tambour de John Le Carré», fait valoir l'auteur.

Ces jeux de coulisses ont d'ailleurs chamboulé la forme prise par le roman: le lecteur y suit l'enquête de l'héroïne de Jean Louis Fleury par le biais du rapport non censuré qu'elle enregistre pour un supérieur cherchant à comprendre pourquoi Aglaé a démissionné au terme de cette affaire.

«C'est une formule que j'ai adorée pour les possibilités stimulantes qu'elle me donnait de faire connaître Aglaé autrement. Ç'a été très agréable de faire vivre l'enquête de l'intérieur comme ça... au point où je me demande comment je vais écrire le prochain!»

Car Aglaé Boisjoli a beau avoir claqué la porte de la SQ, elle n'a vraisemblablement pas fini d'être mêlée à des intrigues policières pour autant. «Disons que je commence à travailler sur une possible réorientation pour elle», laisse entendre Jean Louis Fleury.

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